| La question du Kosovo |
| jeudi, 28 juin 2007 | |||||
|
jeudi 28 juin 2007 Non réglée depuis huit ans, l’épineuse question du Kosovo s’installe de nouveau au cœur de la politique internationale. Le président des Etats-Unis, M. George W. Bush, a alarmé les chancelleries en déclarant, grisé sans doute par un accueil triomphal à Tirana (Albanie) le 10 juin, qu’il fallait savoir dire « assez ! » quand des négociations se prolongeaient trop. Selon lui, le Kosovo doit bientôt déclarer unilatéralement son indépendance, que Washington reconnaîtra sans attendre le verdict du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) (1). On se demande pour quelles raisons, en Palestine, cinquante ans n’ont pas suffi pour créer un Etat indépendant (avec les tragiques conséquences que l’on sait), et pourquoi, en revanche, il faudrait régler l’affaire du Kosovo au plus vite.
Dans les Balkans, précipitation diplomatique est parfois synonyme de catastrophe. On se souvient combien la hâte de l’Allemagne et du Vatican à reconnaître, en 1991, la sécession de la Croatie favorisa la dislocation de l’ex-Yougoslavie et le déclenchement de la guerre serbo-croate, suivie par la guerre de Bosnie. Sans minimiser le rôle néfaste de l’ancien président Slobodan Milosevic et des extrémistes partisans de la « Grande Serbie », il faut admettre que des puissances européennes portent une responsabilité dans ces affrontements, les plus meurtriers sur le Vieux Continent depuis la seconde guerre mondiale. La précipitation favorisa aussi la guerre du Kosovo en 1999, quand des Etats européens et les Etats-Unis refusèrent de poursuivre les négociations avec Belgrade (2), décidèrent d’éviter le débat au sein du Conseil de sécurité, puis, sans mandat de l’ONU, usèrent de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) pour bombarder pendant plusieurs mois la Serbie et contraindre ses forces à quitter le Kosovo.
Nous avons sous les yeux les hallucinants dégâts causés au Proche-Orient par les initiatives irresponsables de l’actuel président des Etats-Unis. Sa lourde incursion, maintenant, dans un théâtre aussi explosif que celui des Balkans, l’un des plus dangereux du monde, consterne et atterre.Par Ignacio Ramonet pour Le Monde Diplomatique, juin 2007
Seul les utilisateurs enregistrés peuvent écrire un commentaire! Powered by !JoomlaComment 3.12 Copyright (C) 2007 Alain Georgette / Copyright (C) 2006 Frantisek Hliva. All rights reserved. |
|||||