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dimanche, 02 mars 2008

Les pays qui ont reconnu l’indépendance du Kosovo ont agi comme des naufragés sans boussole.

Une guerre de désinformation
Le siècle dernier a hissé la désinformation au rang d'arme de guerre. Elle a été une auxiliaire précieuse de tous les totalitarismes dans leur ascension au pouvoir et dans la conservation de celui-ci.
Mais la désinformation, comme le fait observer Vladimir Volkoff, est une bille qui ne roule que sur un plan adéquatement incliné. Pour être désinformé, il faut y être prédisposé. Et nos sociétés fortement médiatisées présentent, de ce point de vue, toutes les dispositions requises. A la relativisation de la vérité, de la justice, de la morale, à la dégradation de la culture générale, à la simplification des faits par le filtre des médias, s'ajoute un sentimentalisme obligatoire qui conduit à une représentation toujours plus pervertie et plus influençable des réalités du monde.
Si tous les grands événements sont désormais marqués par une forte dose de mise en scène à destination des médias et de l'étranger, l'Histoire retiendra sans doute la guerre civile yougoslave comme un cas exceptionnel de manipulation médiatique et de désinformation institutionnalisée. Affirmer que tout ce qui a été diffusé à son sujet en Occident est empreint d'aveuglement ou d'hypocrisie semblerait exagéré et partisan ; pourtant, à considérer avec un peu de recul la tempête de dénonciations et d'injures soulevée autour du malheur yougoslave, on doit bien constater que ce qui devait être de l'information s'est réduit à une propagande comparable aux grandes campagnes de diabolisation qui ont accompagné et suivi les deux guerres mondiales. Avec cette différence que les journaux, cette fois-ci, n'étaient pas soumis aux ordres des Etats-majors, et que la nation sur laquelle ils s'acharnaient n'était en guerre avec aucun de leurs pays.
Les guerres récentes ont donc réactivé des théories de la propagande que l'on croyait inopérantes. Et les inquiétudes qui vont avec sur le fonctionnement des médias en régime démocratique.

Rappel historique sur la guerre en Yougoslavie
Dès le début du conflit yougoslave en effet, les faiseurs d'opinion mondiaux ont unanimement désigné le coupable pour ne pas dire l'ennemi : c'était la Serbie, non seulement comme Etat colonisateur et centralisateur, non seulement comme gouvernement cynique et belliqueux, mais encore comme peuple cruel et barbare. Tout ce qui n'était pas serbe en Yougoslavie avait raison, tous les référendums (lui disaient „ non à la Yougoslavie étaient validés, tous ceux qui lui disaient « oui » ignorés ; aux yeux des „ gendarmes ., européens, les frontières extérieures du pays étaient du coton, et les frontières intérieures, régionales, du béton.
De semblables attentats au droit et à la convivialité internationale se sont multipliés jusqu'à faire de l'espace yougoslave un terrain vague où les lois ordinaires de la raison ne comptaient plus.
C'est ainsi que la Yougoslavie fédérale fut stigmatisée comme „ bras séculier de la politique serbe » à l'heure même (juin 1991) où son Président, son Premier ministre et son ministre des Affaires étrangères, ainsi que la majorité de ses diplomates, étaient des Croates !
C'est ainsi que l'Armée fédérale fut immédiatement qualifiée de « serbe » alors que la plupart de ses cadres ne l'étaient pas, qu'une seule des cinq régions militaires (la Macédoine) était commandée par un général serbe, et que ses unités d'interposition en Slavonie ou dans la Krajina tiraient sur les volontaires serbes autant que sur les miliciens croates.
C'est ainsi qu'on réactualisa des qualificatifs tout droit issus de la propagande communiste d'avant-guerre, du type « hégémonisme grand-serbe », « Yougoslavie - prison des peuples », « oppresseurs serbes », etc.
C'est ainsi qu'on relaya sans trop de précaution des images provenant de la TV (le Zagreb et montrant des civils « croates, massacrés, qui s'avéraient être sans aucun doute possible des Serbes (quoi de plus facile que de filmer les victimes de ses propres pogroms ?). Peu de télévisions rectifièrent. Fallait-il que les Serbes de Croatie eussent la peau verte ou bleue pour ne pas alimenter - même à titre posthume - la propagande larmoyante de la « jeune démocratie » sécessionniste ?
Dans le même temps, les rédactions jetaient au panier sans sourciller des enregistrements vidéo documentés, précis, accablants, des listes interminables de villages détruits, de victimes dûment recensées et autopsiées, pour la seule raison qu'ils provenaient de la Serbie communiste. Un de nos amis, qui avait apporté de tels documents à un présentateur connu de la télévision française, s'est même entendu répliquer que les morts serbes, tout simplement, ne l'intéressaient pas !
Obnubilé par sa bonne conscience, ses raisonnements économiques et ses abstraits échafaudages démocratiques, l'Occident n'a jamais pu se représenter le drame qu'il allait causer en ratifiant à la légère le démembrement instantané de ce pays où l'on ne peut tracer de frontières justes, et où les frontières injustes seront toujours tracées par des ruisseaux de sang... ». Au lieu d'examiner prudemment les rapports ethniques extraordinairement complexes du pays le plus bariolé d'Europe, on a choisi de trancher dans le vif, selon le critère le plus inepte, en déclarant, bons, des démocrates qui ne le sont pas encore et mauvais des communistes qui ne le sont plus.

L'opinion, ça se travaille
Pour la plupart des médias américains, l'intervention militaire en Irak en 2003 était une « guerre juste ». Tout comme étaient justes, pour les opinions des pays occidentaux, les interventions en Afghanistan et au Kosovo. Dans « L'opinion, ça se travaille », Serge Halimi et Dominique Vidal, journalistes du Monde diplomatique, ont monté un dossier accablant consacré à l'attitude des médias durant les « guerres justes » menées par les coalitions occidentales. Documents à l'appui, les auteurs montrent notamment comment furent justifiées les attaques aériennes contre Belgrade pour imposer le retrait des troupes serbes du Kosovo. Au printemps 1999, la plupart des médias faisaient état d'un véritable génocide perpétré par l'armée serbe contre les Albanais du Kosovo. Des chiffres alarmants furent cités - de 100 000 à 500 000 morts -, repris par de nombreux journaux et télévisions. Le mot de « génocide » fut même avancé. Nul doute que l'Otan devait intervenir. Quelques mois plus tard, quand l'armée serbe se fut retirée de Serbie sous la pression internationale, le Tribunal international de La Haye mena une enquête pour mesurer l'étendue du massacre. Finalement, le rapport publié à l'automne 1999 fit état de 2018 morts et ne mentionna l'existence d'aucun charnier. S'il y eut bien des assassinats de civils, on était très loin des massacres de masse et des 100 000 morts annoncés quelques mois plus tôt.
Accoutumée à user du balancier pipé à deux poids et deux mesures, de plus en plus indifférente à tout ce qui dépasse ses intérêts économiques, l'Europe ne semble toujours pas avoir envisagé les conséquences de sa politique envers la Serbie.

C'est contre cette ignorance, cette suffisance, cette ineptie que les Serbes du monde entier se sont élevés aujourd’hui, humblement, sans invectives ni haine, avec pour seul objectif préserver leur identité et défendre leur patrie.
Faut-il considérer l'exemple des guerres justes d'Irak ou du Kosovo comme des ratés de l'information en régime démocratique, ou au contraire révèlent-ils leur vraie nature ? Le débat est ouvert. Gageons que les interventions, les débats, les opinions, les images, les vidéos, les commentaires, etc présents sur ce site permettront à chacun de se faire son « opinion » plus juste.





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