Kosovo land arrow Histoire
Un peu d'histoire Convertir en PDF Version imprimable Mail
mercredi, 05 mars 2008

Cette partie reprenant la traduction française d'une conférence que j'avais tenue en anglais, je vous remercie de mentionner le nom de mon site comme origine de tout extrait que vous désireriez utiliser. Merci d'avance.

Repères géographiques du Kosovo et de la Métochie :
- Le Kosovo, ou plus exactement le Kosovo et la Métochie (en serbe "Kosovo i Metohija"), est une province du sud de la Serbie. Cette province serbe constitue, avec la Serbie centrale et la Voïvodine, la république de Serbie.

- La Serbie est un Etat souverain, indépendant, démocrate et républicain, qui possède des frontières avec la Hongrie (membre de l'Union Européenne) au nord, la Croatie et la Bosnie-Herzégovine à l'ouest, le Monténégro et l'Albanie au sud-ouest, la Macédoine au sud, la Bulgarie et la Roumanie à l'est (ces 2 derniers étant également membres de l'UE depuis 2007).
      Quant à la province serbe de Kosovo-et-Métochie plus particulièrement, elle possède des frontières directes avec les Etats indépendants du Monténégro, d'Albanie et de Macédoine.

- Sa superficie est de 10 887 km², soit l'équivalent d'un département français et demi.

- Le Kosovo est actuellement habité par une population de 2 millions d'habitants, ce qui lui fait une densité de population élevée d'environ 185hab/km².
      En comparaison avec le département français du Loiret, la province du Kosovo est un peu moins de 2 fois plus grande mais 4 fois plus peuplée.

- La chef-lieu de la province est Pristina (en serbe "Priština"), ville de près d'un demi-million d'habitants.


Etymologie :
- Le nom "Kosovo" vient du mot serbe "kos" qui signifie "merle", auquel est ajouté le suffixe "-ovo" qui marque l'appartenance dans la grammaire serbe. Littéralement, le terme "Kosovo" signifie donc "appartenant au merle". De là provient le nom de la célèbre bataille du champ des merles (en serbe Kosovo polje).
A l'origine, le terme Kosovo désigne la vaste plaine constituant la partie orientale de la province de Kosovo-et-Métochie telle qu'on la connaît actuellement.

- Le nom "Metohija" (traduit par "Métochie" en français) dérive du mot grec "Metohion", terme qui désigne les dépendances des monastères. Ainsi la "Metohija" désigne les terres de l'Eglise. 
La Métochie correspond à la partie occidentale de la province actuelle de Kosovo-et-Métochie. C'est dans cette région que se trouve la plus grande concentration d'églises et de monastères serbes orthodoxes, dont de véritables trésors du patrimoine de l'humanité datant du moyen-âge. C'est en particulier là que se trouve le patriarcat de Pec (prononcez "Petch").

- A noter également que plus de 98% des noms géographiques dans la province actuelle de Kosovo-et-Métochie sont d'origine serbe, ce qui prouve une fois de plus (s'il fallait encore des preuves), que le Kosovo est une terre du peuple serbe et de sa culture depuis des siècles.

Repères historiques, chronologie :

- VIème siècle :   De nombreux écrits gréco-romains ainsi que de nombreuses traces historiques attestent de la présence serbe dans la région englobant le Kosovo et la Métochie.

- IXème siècle :   Les premiers historiens byzantins décrivent les Serbes comme le peuple autochtone de cette région. Anne Comnène, fille de l'Empereur de Byzance Alexis Ier, écrit aussi que la limite entre terres serbes et albanaises se situe au niveau de la rivière Drim, rivière située en Albanie actuelle.

- XIIème siècle :   Pour la 1ère fois apparaît le terme de Kosovo-Metohija, pour désigner la région actuelle de la province habitée par des Serbes.

L'Etat médiéval serbe (du IXème au XIVème siècle) :
- Dès la création formelle de l'Etat serbe médiéval, à partir du IXème siècle, le Kosovo et la Métochie en font non seulement partie, mais se situent au coeur de cet Etat.

- C'est à cette époque que les Serbes, fraîchement christianisés, construisent de nombreuses églises et monastères qui constituent de nos jours (pour ceux qui n'ont pas été détruits) des joyaux historiques inscrits au patrimoine mondial de l'humanité.

- Entre 927 et 950, Caslav Klonimirovic unifie les terres serbes : Raska (partie continentale de la Serbie, Kosovo inclu), Dioclée (actuellement l'Albanie du nord et le Monténégro) Travounie (Dalmatie), Hum (Herzégovine), et la Bosnie centrale.

- En 1019, Prizren, ville du sud de la Métochie, devient la 1ère capitale de l'empire serbe médiéval.

- En 1233, la ville de Pec, en Métochie, est choisie pour devenir le siège du premier archevêché serbe (sous la juridiction de Constantinople) fondé par Saint-Sava qui en devient le premier Archevêque. En 1346, l'archevêché se transforme en patriarcat autonome et Pec devient ainsi le siège de l'Eglise orthodoxe serbe.

- Le territoire du Kosovo et de la Métochie est alors le centre religieux, culturel, politique et économique de la Serbie. A leur apogée, au XIVème siècle, ces terres sont les plus riches et les plus densément peuplées de toute la région balkanique. Le sous-sol, très riche sur le plan minier, est aussi très vite exploité et contribue au développement de la région.

- De récentes recherches indiquent qu'à cette époque, 98% de la population vivant sur le territoire actuel du Kosovo et de la Métochie était serbe, les 2% restants étant composés en majorité de marchands migrants d'origine valaque ou grecque. Par ailleurs, il n'existe aucune trace de monument albanais ni aucune autre preuve d'une éventuelle présence albanaise à cette époque.

- Les plus importantes traces historiques et culturelles de cette période sont les monastères de Gracanica et de Bogorodica Ljeviska, le patriarcat de Pec, Visoki Decani (récemment ajouté au patrimoine mondial de l'UNESCO), ainsi que les ruines des villes médiévales de Novo Brdo, Zvecan et Dusanov Grad (la ville du Tsar Dusan).

La bataille du Champ des Merles et l'occupation turque :
- L'année 1389 marque un grand tournant dans l'histoire du Kosovo, de la Serbie, des Balkans et même de l'Europe toute entière. C'est en effet l'année de la bataille de Kosovo Polje, mieux connue en français par son expression traduite "bataille du champ des merles".

- Cette bataille s'inscrit dans une politique ottomane constante d'agression contre les Etats chrétiens voisins : dès le XIIème siècle les Turcs ottomans attaquent les positions de l'Empire byzantin se frayant ainsi un chemin au coeur des Balkans dans l'intention de conquérir l'Europe entière. En 1371, les Serbes et leurs alliés grecs et bulgares perdent la grande bataille sur la rivière de la Maritsa, mais c'est la meurtrière bataille de Kosovo Polje qui marque la fin de l'Etat serbe.

- Cette terrible bataille, dont on raconte que tellement de sang avait coulé que la terre ne pouvait pas l'absorber, acquiert une dimension mythique dans la conscience nationale serbe. Le héros populaire Milos Obilic réussit à s'infiltrer dans le camp militaire turc et tuer le sultan Mourad, ce qui lui coûtra la vie, décapité sur le champ. A la fin de la bataille, le prince serbe Lazar (qui sera reconnu par la suite comme le Saint Tsar Lazar) est conduit devant le nouveau sultan turc qui ordonne sa décapitation. Tout cela fait du Kosovo la Jérusalem serbe et, dans la conscience nationale serbe, cette bataille devient en quelque sorte le Golgotha du peuple serbe, en référence au Mont-Golgotha sur lequel fût crucifié le Christ.

- La défaite serbe ouvre la porte des Balkans, tout en la retardant, la combatitivité héroïque des Serbes et de leurs alliés ayant causé de grosses pertes à l'armée musulmane. Le reste de la Serbie tombera aux mains des Turcs après la chute de Smederevo, en 1459.

- L'invasion turque dans le sud-est de l'Europe n'entraîne pas seulement la chute de la chrétienté dans la région, mais aussi la destruction de toute structure sociale de l'époque et l'élimination de l'élite serbe. Une partie de cette élite est tuée, une autre déportée en Asie mineure, et une dernière forcée de se convertir à l'islam.

- Les peuples chrétiens soumis à l'occupation turque ont le statut de "dhimmi", c'est-à-dire qu'ils ont un rang inférieur au sein de la société musulmane, doivent payer des impôts spéciaux et ne peuvent pratiquer librement leur religion. De plus, les jeunes enfants et adolescents chrétiens sont régulièrement arrachés à leur famille pour être éduqués dans la foi islamique et devenir des jannissaires, guerriers au service du sultan dont le rôle est de combattre au nom de l'islam (jihad) et de matter toute rébellion populaire chrétienne (ce qui dissuadera d'ailleurs nombre de soulèvements, les familles chrétiennes ayant la hantise de devoir faire couler le sang de leur propre fils, frère ou cousin...).

- Au Kosovo, l'oppression que subit le peuple serbe est telle que de nombreuses migrations ont lieu : une partie réussit à émigrer vers le nord (notamment en Hongrie), une autre vers l'ouest, vers les côtes dalmates où certains traversent la mer Adriatique pour s'installer en Italie. Il est important de souligner qu'à cette époque de menace ottomane, la solidarité chrétienne a eu une existence significative entre Catholiques et Orthodoxes puisque la Hongrie et l'Italie catholiques n'hésitent pas à accueillir, dans la mesure du possible, nombre de réfugiés chrétiens (à noter tout de même la position ambigüe de la république de Venise qui préfère souvent collaborer avec les Turcs pour des intérêts commerciaux).

- Afin de mieux contrôler le sud des Balkans, les sultans turcs favorisent les migrations d'Albanais nouvellement convertis vers le Kosovo. Ces Albanais islamisés (ayant renié leur religion catholique pour ne plus avoir à payer ni le tribut que chaque dhimi doit verser à l'occupant ottoman, ni la dîme exorbitante du clergé catholique) se montrent particulièrement zélés et commettent des exactions incéssantes contre la population serbe locale, sous le regard bienveillant de leurs maîtres turcs.

- L'année 1594 est également une année qui restera à tout jamais gravée dans la conscience nationale serbe : c'est en effet l'année où le pacha turc ordonne de transporter les reliques de Saint-Sava à Belgrade et de les brûler en place publique. En brûlant les reliques de Saint-Sava, saint particulièrement respecté, l'occupant turc veut briser la conscience nationale serbe et surtout porter un grand coup à l'Orthodoxie, pensant que cela pousseraient les Serbes à reconnaître la puissance turque et à se convertir en masse à l'islam.

- En 1683, les Turcs lancent une grande offensive visant à prendre Vienne, mais ils échouent devant la résistance acharnée des autrichiens qui font face au siège de leur ville. Devant se replier, l'armée ottomane se vange alors sur les populations chrétiennes de son Empire, et en particulier sur les Serbes qui ont participé au conflit aux côtés de l'Europe chrétienne.

- Dans ce climat de représailles et de terreur insoutenable, le Patriarche serbe orthodoxe Arsenije III décide de conduire une migration de masse du Kosovo vers l'Empire autrichien catholique où l'Empereur Leopold de Habsbourg accueille les Serbes et les installe dans les régions frontalières de son Empire : c'est la grande migration de 1690. Les Serbes ayant immigré se placent ainsi sous la protection de l'Autriche et, réciproquement, ils constituent pour l'Empire catholique des Habsbourg un formidable rempart contre les avancées turques.

- Cette première grande migration a pour conséquences l'intensification de la colonisation du Kosovo par les Albanais venant des montagnes du nord de l'Albanie et la radicalisation de ces derniers vis-à-vis de la majorité serbe. L'insécurité étant trop pesante, une deuxième grande migration a lieu à la fin du XVIIIème siècle, alimentant ainsi le cercle vicieux d'exode de population serbe et d'arrivée d'Albanais.

- L'islamisation et l'albanisation du Kosovo continuent tout au long du XVIIIème siècle, avec une accélération notable vers 1850 lorsque les Turcs font venir, en plus des Albanais, des colons musulmans d'Asie centrale (Tcherkèsses en particulier) qui s'albanisent très vite. Dans le même temps, quelques familles serbes se convertissent à l'islam pour ne plus avoir à subir la terreur quotidienne et se soustraire au statut de dhimmi qui leur était imposé. Ces familles abandonnent toutes leurs traditions afin d'être acceptées par les Albanais qui détiennent tous les pouvoirs, et finalement, oubliant jusqu'à leur langue, l'islamisation se termine par une albanisation totale.

- Cependant, il faut souligner qu'après toutes ces exactions visant à soumettre et faire fuir les Serbes du Kosovo et malgré tous ces changements démographiques artificiels, les Serbes constituent toujours la majorité absolue de la population (environ 60% de Serbes contre environ 25% d'Albanais et 10% de Turcs, vers 1870).

- Dans ce contexte d'occupation ottomane qui dure déjà depuis 4 siècles, l'Eglise orthodoxe, malgré les persécutions dont elle est victime, reste la garante de l'identité serbe et continue de faire vivre dans la conscience populaire collective le souvenir de l'Etat médiéval national et de son haut degré de civilisation.

La longue marche vers la Libération (1804-1918) :
- En 1804, une grande insurrection éclate en Serbie contre le pouvoir ottoman. Cette première grande révolte, qui durera 9 ans (de 1804 à 1813), est conduite par Georges Petrovic, surnommé Karageorges ("Geogres Noir") par les Turcs en raison de la peur qu'il leur inspirait. La Russie vient alors en aide aux Serbes et Belgrade est libérée en 1807. En 1808, Karageorges est désigné "seigneur héréditaire de Serbie" par l'assemblée du peuple et fonde ainsi la dynastie des Karadordevic.

- Cependant, en 1813, les Turcs, qui profitent de la neutralité russe, attaquent de nouveau la Serbie et reprennent Belgrade. Karadjordje se réfugie alors en Russie où il entre en contact avec la Filiki Eteria, une société secrète grecque qui s’est donnée comme but de libérer toutes les régions chrétiennes des Balkans.

- C'est alors qu'éclate en 1815 la deuxième grande insurrection, menée cette fois par Miloš Obrenovic, qui est reconnu quelques mois plus tard comme prince de Serbie (et qui fondera la dynastie des Obrenovic, ce qui entraînera une rivalité avec la dynastie des Karadordevic) par le sultan turc qui se voit contraint d'accorder, en 1830, un statut d'autonomie aux terres serbes contrôlées par les insurgés. Les Turcs jurent alors de tout faire pour conserver les terres serbes du sud qu'ils contrôlent toujours et se vengent sur les Serbes du Kosovo en encourageant les Albanais à commettre des massacres quotidiens que beaucoup d'historiens qualifient de génocide.

- En 1844, le ministre serbe de l'Intérieur élabore un manifeste qui prévoit la libération et le rassemblement des tous les Slaves du Sud dans un même Etat placé sous la direction des Serbes.

- En 1861, la Serbie, qui est toujours théoriquement vassale de l'Empire ottoman, organise sa propre armée et son propre système éducatif. Les Turcs répliquent l'année suivante en bombardant Belgrade mais sont contraints d'abandonner de fait la Serbie en 1867.

- En 1875, des troubles éclatent en Bosnie-Herzégovine (à l'époque encore elle aussi majoritairement serbe, mais à ce sujet un autre site lui sera consacré plus tard.). La Serbie et le Monténégro déclarent alors la guerre à l'Empire ottoman, mais, rapidement débordés, ils demandent l'aide de la Russie qui lance immédiatement une vaste offensive sur un autre front, forçant les Turcs à se déclarer vaincus et reconnaître l'indépendance de la Serbie (mais aussi de la Bulgarie, du Monténégro et de la Roumanie) par le traité de San Stefano.

- Libération totale du centre de la Serbie : Finalement, en 1878, le Congrès de Berlin accorde officiellement l'indépendance à la Serbie, ou du moins aux terres serbes auparavant autonomes, le reste de la Serbie restant sous contrôle étranger, en particulier la région du sud de la Serbie, incluant le Kosovo, reste sous occupation ottomane, tandis que la Voïvodine au nord est administrée par l'Autriche-Hongrie (bien plus tolérante que l'Empire ottoman cela dit).

- La 1ère guerre balkanique : En 1912, les Etats balkaniques, nouvellement libérés de l'occupation turque, décident d'unir leurs forces afin de libérer totalement toutes les terres européennes encore sous contrôle ottoman. Dans ce but est créée la Ligue Balkanique composée de la Serbie, de la Bulgarie, du Monténégro et de la Grèce. Soutenue par la Russie, les alliés de la ligue attaquent simultanément les positions turques et remportent une série de victoires les ammenant aux portes de Constantinople, où ils s'arrêtent devant la pression des grandes puissances (Autriche-Hongrie, France...) qui craignent de voir apparaître un grand ensemble balkanique sous influence russe. L'empire ottoman, agonisant, s'empresse de signer sa défaite et de reconnaître la libération de territoires qu'il occupait depuis des siècles.
A la fin de la 1ère guerre balkanique, les Balkans sont donc, à l'exception notable de Constantinople, totalement libérés de la tutelle turque et l'armée serbe rentre triomphalement au Kosovo où la population serbe goûte enfin à la liberté dont elle était privée depuis la bataille de Kosovo Polje plus de 5 siècles auparavant. Quant aux colons turcs du Kosovo, ils se tourneront du côté de leurs coreligionaires albanais et la plupart s'albanisera totalement augmentant ainsi le nombre d'Albanais (35% en 1912).

- Tragiquement, une nouvelle guerre a lieu en 1913, cette fois opposant les anciens alliés de la Ligue Balkanique : c'est la 2ème guerre balkanique. A l'origine d'un désaccord sur le partage des précédentes conquêtes, cette guerre se soldera par la victoire de la Serbie, de la Grèce et de la Roumanie sur la Bulgarie, qui se verra amputée de la plupart de ses territoires conquis au profit de ses derniers et... de l'Empire ottoman !

- La 1ère guerre mondiale :  Comme chacun sait, la 1ère guerre mondiale éclate le 28 juillet 1914 lorsque l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie, celle-ci ayant rejetée le referendum austro-hongrois prévoyant une commission d'enquête autrichienne sur le sol serbe en réaction à l'assassinat de l'archiduc héritier François-Ferdinand par un étudiant bosno-serbe à Sarajevo. La Russie appelle alors à la mobilisation pour aider son alliée serbe et, par un engrenage d'alliances, la guerre devient rapidement mondiale (pour des informations détaillées sur le sujet, je vous conseille de visiter la page de l'encyclopédie libre Wikipédia sur la chronologie de la 1ère guerre mondiale).
En 1915, la Serbie est envahie par les puissances centrales (Autriche-Hongrie, Allemagne) et l'armée serbe recule jusqu'aux côtes albanaises où elle évacuée par la flotte russe, dépêchée pour la circonstance. Cependant, après de multiples rebondissements la Serbie est libérée en 1918 par l'armée serbe, qui remonte, avec l'aide de la France, du Kosovo jusqu'à la Voïvodine. C'est pendant cette grande guerre que naît l'Amitié francoserbe, amitié célébrée lors de l'armistice aussi bien en France, où les Serbes sont présentés comme des héros, qu'en Serbie, où un grand monument à la gloire de la France est érigé en plein coeur de Belgrade.
La fin de la 1ère guerre mondiale modifie totalement le visage de l'Europe et un avenir nouveau se prépare pour la Serbie qui décide de former avec la Croatie et la Slovénie le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes.

Le Royaume de Yougoslavie (1918-1941) :

- Le 1er décembre 1918 naît le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes, Etat qui se veut rassembler tous les Slaves du sud en son sein, comme l'avaient tant imaginé les intellectuels serbes et croates du XVIIIème et XIXème siècle. Sa création est une grande joie pour les peuples yougoslaves qui se sont battus pour leur indépendance et contre la tutelle étrangère.
Le nouveau Royaume regroupe les régions balkaniques slaves anciennement contrôlées par l'Empire austro-hongrois (Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine et Voïvodine serbes), ainsi bien-sur que l'Etat serbe déjà indépendant et le petit Monténégro qui s'était réunifié à la Serbie libre quelques temps auparavant. Le régime est une monarchie constitutionnelle (démocratie comme l'est l'Espagne actuellement) à la tête de laquelle se trouve la dynastie des Karadjordjevic.

- La période du Royaume des Serbes, Croates et Slovènes est marquée par un grand développement économique et social du pays, où les différents peuples le constituant vivent dans la plus grande liberté et dans une parfaite égalité entre eux. Au Kosovo, les Albanais, pourtant autrefois tortionnaires, ont été autorisés à rester et bénéficient des mêmes libertés que tout autre peuple yougoslave. Cependant, il leur sera très difficile de supporter de passer d'un statut de minorité dominante à un statut de minorité ayant les mêmes droits que tout-un-chacun.

- La fin des années 1920 marquent la fin d'une période d'insouciance pour l'Europe et la crise économique ouvre une période noire pour la plupart des pays du monde. Le jeune royaume ne sera pas épargné et des difficultés commencent à se faire sentir dans tous les domaines en particulier en politique intérieure où des rivalités régionales naissantes révèlent la fragilité du nouvel Etat.

- Pour mettre fin à toutes ces tensions et calmer les vélléités contradictoires des uns et des autres, le Roi décide de mettre un terme à la constitution et de rebaptiser le royaume en "Royaume de Yougoslavie", espérant qu'ainsi chaque individu se sente avant tout "yougoslave" et non serbe, croate, slovène, ou encore macédonien...

- Mais dans le contexte de montée des extrêmes en Europe, cela ne servira à rien ; au contraire, le roi s'attirera à la fois la haine des nationalistes croates, dont les plans séparatistes sont compromis, et des communistes, qui considèrent le roi comme un dictateur. Alexandre Ier finira d'ailleurs assassiné en 1934 (avec un ministre français en visite à Marseille) par un révolutionnaire macédonien en complicité avec les Oustachis, ultra-nationalistes croates.

- En septembre 1939 éclate la 2ème guerre mondiale. Le monde sombre très rapidement dans l'horreur de la guerre et l'Europe doit faire face aux invasions de l'Allemagne nazie. La Yougoslavie ne sera pas épargnée.

La deuxième guerre mondiale et la déportation serbe (1941-1945) :

- Alors que la Yougoslavie est jusque là restée neutre, l'Allemagne demande au gouvernement serbe un droit de passage pour ses troupes afin d'aller noyer dans le sang la résistance grecque qui fait face à l'invasion italienne. Aussitôt, des grandes manifestations hostiles à Hitler éclatent spontanément à Belgrade, le gouvernement est renversé et le peuple donne les pleins pouvoirs au jeune roi Pierre II, qui refuse immédiatement la demande allemande. Furieux, Hitler envahit la Yougoslavie et 11 jours plus tard la Yougoslavie est contrainte à la capitulation. Le roi doit s'exiler et le pays est démembré.

- C'est la fin du Royaume de Yougoslavie : la Slovénie est annexée par le Reich, les Oustachis (nazis croates) obtiennent d'Hitler la création d'une grande Croatie indépendante (Croatie + Bosnie-Herzégovine + une partie de la Serbie), la Voïvodine est rattachée à la Hongrie pro-nazie et le Kosovo, la Métochie et une partie du Monténégro se voient inclus dans une grande Albanie sous contrôle de l'Italie fasciste. Ce qui reste de la Yougoslavie, c'est-à-dire un minuscule Etat serbe, est placé sous l'autorité d'un gouvernement fantoche directement contrôlé par l'Allemagne.

- Ce sont les Serbes qui vont payer le plus lourd tribut à cette occupation : non seulement ils doivent subir l'occupation allemande dans le tout petit Etat qui leur a été accordé, mais en plus, et surtout, la grande majorité des territoires serbes ont été inclus à l'intérieur d'autres Etats dont l'objectif avoué est de rendre les Serbes ultra-minoritaires dans tous ces territoires annexés.

- En Croatie, le chef oustachi Ante Pavelic oblige les Juifs à porter l'étoile jaune et les Serbes un brassard avec la lettre "P" (initiale du mot "Pravoslavac" qui signifie "Orthodoxe" en serbo-croate) afin de leur interdire tous les lieux publics et d'organiser leur déportation : les 26 000 Juifs de Croatie sont exterminés dans des camps croates sans même qu'Hitler n'eût à le demander, 300 000 à 500 000 Serbes sont également déportés puis exterminés, en particulier dans le tristement célèbre camp de Jasenovac. Des expéditions menées par des Oustachis sont régulièrement lancées dans des villages serbes où les habitants sont massacrés. Rappelons que la politique non-cachée des oustachis à propos de "la question serbe" était : en convertir un tiers, en expulser un tiers, en supprimer un tiers.

- Au Kosovo, puisque c'est avant tout le sujet de ce site, la situation n'en est pas moins invivable : les Albanais reprennent leurs vieilles habitudes datant de l'occupation ottomane (rappelons que cela fait seulement 30 ans que le Kosovo est libre), se déchaînant contre les Serbes avec qui ils ont du vivre d'égal à égal pendant 30 ans. Des villages serbes entiers sont incendiés, des Serbes sont enlevés, torturés et massacrés, les églises qui avaient été reconstruites sont à nouveau détruites, des religieuses violées, des prêtres brûlés vifs...

- Toutes ces manifestations de haine font que les Serbes, craignant pour leur vie, s'enfuient massivement vers le nord, dans le petit Etat serbe occupé par les Allemands, où la situation d'occupation, inhumaine certes, est nettement moins dangereuse. Dans le même temps, les Albanais d'Albanie, totalement libres de mouvement au sein de la "grande Albanie" italienne, immigrent massivement au Kosovo où ils pillent les biens serbes et s'installent dans les maisons que les Serbes ont du abandonner.

- Bien-sûr, une résistance s'organise, mais au Kosovo il est impossible aux Serbes de résister longtemps face à l'ennemi omniprésent qui sème la terreur partout. En revanche, dans le petit Etat serbe et dans les territoires majoritairement serbes de Croatie et de Bosnie, la résistance à l'ennemi s'organise dès 1941, notamment la résistance royaliste des Tchétniks du général Draza Mihailovic, qui réussira à contrôler plusieurs régions et contribuera à la libération de la majeure partie de la Serbie, bien avant que la résistance communiste de Tito, soutenue par l'Armée Rouge, n'entre en jeu.

- Un phénomène très important, mais aussi très largement occulté dans les manuels scolaires, est la collaboration particulièrement zélée des musulmans des Balkans avec Hitler. Le grand mufti de Jérusalem, chef spirituel des musulmans du Moyen-Orient, ami personnel d'Hitler, lance un appel au Jihad contre la Grande-Bretagne et demande aux musulmans d'aider Hitler "dans sa lutte contre le sionisme". Cet appel sera manifestement bien entendu par les musulmans des Balkans qui s'engagent massivement aux côtés des nazis : devant l'afflux de volontaires, une division SS musulmane bosniaque (division Hanjar ou "Handschar" qui combattra sur le front russe) est créée, ainsi qu'une division SS albanaise (la 21ème division de montagne Skanderbeg) chargée plus particulièrement "d'homogénéiser" la population du Kosovo en exterminant la population serbe.

- Malgré tous les ennemis auxquels elle doit faire face, la résistance royaliste (en majorité serbe) libérera une grande partie des territoires yougoslaves (en particulier le centre de la Serbie, une grande partie de la Bosnie serbe et de la Krajina serbe de Croatie), mais c'est la résistance communiste de Tito qui triomphera en libérant le reste du pays et notamment la capitale, Belgrade, avec l'aide de l'Armée Rouge.

De la dictature titiste à l'éclatement de la Yougoslavie (1945-1995) :

- Le 29 novembre 1945 naît la deuxième Yougoslavie, Etat communiste dont Tito prend la tête. Pour consolider son pouvoir, il supprime toute forme d'opposition et organise une grande propagande contre les Tchétniks qu'il accuse de collaboration avec les Allemands. Arrêtés, les Tchétniks sont alors fusillés après un simulacre de jugement. Dès lors Tito se comportera en véritable dictateur et dirigera le pays d'une main de fer. En revanche, les anciens oustachis, les tortionnaires albanais, et même les anciens membres des SS de Bosnie et du Kosovo, ne seront que très peu inquiêtés et aucun grand procès n'aura lieu contre eux.

- La nouvelle fédération yougoslave est composée de 6 républiques : Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Serbie, Monténégro, Macédoine. Les délimitations entre ces différentes républiques sont définies arbitrairement, mais ne visent à l'époque qu'à simplifier l'administration étant donné que les domaines politiques de chaque république sont très limités.

- Au Kosovo, pour s'attirer la bienveillance des Albanais, Tito interdit le retour des Serbes qui avaient été expropriés par les occupants albanais et avaient dû fuir leurs terres sous la menace. Parallèlement, il autorise l'immigration massive d'Albanais qui fuient l'Albanie (pays le plus pauvre d'Europe où règne une dictature stalinienne bien pire que celle de Tito) pour s'installer au Kosovo, pensant que cela lui permettra d'accroître son influence sur l'Albanie et de l'intégrer à terme dans sa fédération.

- En 1974, cédant aux revendications de plus en plus agressives des Albanais du Kosovo, Tito change la constitution et crée deux provinces autonomes au sein de la Serbie : la Voïvodine au nord (où vit une minorité hongroise ne posant aucun problème) et le Kosovo au sud, où les Albanais sont devenus majoritaires grâce à leur politique anti-serbe (de 35% en 1939, ils passent à 70% en 1945). Cette prime à la terreur ne fera que renforcer le sentiment d'impunité des Albanais et les motivera à réclamer chaque jour davantage, continuant de plus belle leurs actions visant à faire partir le plus de Serbes possibles.

- La politique albanaise de terreur sera fructueuse puisque 220 000 Serbes quittent le Kosovo entre 1968 et 1988, ce qui rendra les Albanais majoritaires dans la province à hauteur de 80%, taux accentué par la forte natalité albanaise.

- Avec l'autonomie du Kosovo, la situation empire pour les Serbes : les Albanais obtiennent leur propre parlement régional et peuvent mettre en place leur propre police qui ferme les yeux avec complaisance sur tous les actes anti-serbes : harcèlements, humiliations publiques, viols de jeunes filles serbes, crimes crapuleux, destruction de cimetières orthodoxes et de monuments yougoslaves, etc. La seule presse autorisée étant contrôlée par le parlement albanais local, très peu d'informations sur la situation parviennent dans les autres régions yougoslaves, et il faudra attendre 1985 pour qu'un memorandum de l'Académie des Sciences de Belgrade soit enfin entendu et montre au reste de la population qu'une épuration ethnique anti-serbe est en cours au Kosovo.

- En 1987, Slobodan Milosevic, alors n°2 du régime communiste, est envoyé en mission au Kosovo afin d'établir un rapport sur la situation sur place, situation que le régime veut alors relativiser. Mais, à peine arrivé, il constate de ses propres yeux les agissements de la police albanaise en train de réprimer violemment une foule serbe venant faire part de leurs doléances à l'un des plus haut responsable de l'Etat yougoslave. C'est alors qu'il déclare aux Serbes venus l'accueillir : "On ne vous frappera plus jamais !". Avec cette phrase, les Serbes du Kosovo voient en lui un sauveur et, en 1989, il est élu président de la république de Serbie.

- Le mois suivant son élection, Milosevic se rend une nouvelle fois au Kosovo, à l'occasion des 600 ans de la bataille de Kosovo Polje, où il prononce un discours rappelant que le Kosovo est le coeur historique de la Serbie, ce qui provoque un regain de colère des Albanais qui font pression pour que le Kosovo passe du statut de province autonome à celui de république. Pourtant ce discours appelle avant tout à l'égalite et à la paix : "Des rapports d'égalité et de concorde entre les peuples yougoslaves représentent une condition indispensable pour la survie de la Yougoslavie, pour une issue victorieuse de la crise, et surtout pour la prospérité économique et sociale du pays.".

- Ne cédant pas aux démonstrations de force des Albanais, et ne voulant surtout pas donner raison aux actes terroristes, Milosevic supprime le statut de province autonome et le Kosovo (ainsi que la Voïvodine mais cela ne posera aucun problème majeur) redevient une région serbe à part entière, relevant ainsi directement de Belgrade. Cette abrogation ne fera qu'amplifier la haine des Albanais vis-à-vis du pouvoir yougoslave et surtout leur détermination à faire définitivement disparaître les Serbes du Kosovo (déjà plus que 15%). C'est à cette époque que l'on voit l'émergence de milices albanaises dont la plus connue n'est autre que l'uçk.

- Dans le même temps, dès la mort de Tito en 1980, des tensions naissent dans les différentes républiques où la montée du nationalisme séparatiste se fait sentir, en particulier chez les Croates (dont une minorité est nostalgique de l'Etat oustachi indépendant) et chez les Slovènes, qui estiment payer trop d'impôts pour les régions en retard économique comme la Macédoine mais surtout le Kosovo (!) pour le développement duquel un impôt spécial avait d'ailleurs été créé (impôt qui dans les faits bénéficie à la classe politique du parlement autonome du Kosovo, et donc au séparatisme albanais...)

- En 1990 se déroulent les premières élections libres dans chaque république de Yougoslavie : alors que le parti de Milosevic, qui souhaite maintenir l'unité du pays tout en s'ouvrant à l'économie de marché (ce qui lui vaut alors le soutien des pays occidentaux), remporte les élections en Serbie (le parti nationaliste de Seselj n'obtenant que très peu de suffrages), la Croatie et la Slovénie voient la victoire des indépendantistes (en Croatie, Franjo Tudjman, qui ne refuse pas le soutien des oustachis qu'il avait pourtant jadis combattu ; en Slovénie, Milan Kucan, plus "libéral"). En Bosnie-Herzégovine, la situation est tout aussi tendue puisque ce sont 3 partis nationalistes aux ambitions foncièrement opposées qui arrivent en tête : le parti musulman d'Izetbegovic (ancien SS qui avait d'ailleurs était emprisonné par Tito pour avoir prôné ouvertement le jihad), le parti séparatiste croate et le parti nationaliste serbe de Karadzic.

- Influencées et soutenues financièrement par des pays étrangers (notamment l'Allemagne qui cherche à récuperer une zone d'influence dans la région), la Slovénie et la Croatie déclarent leur indépendance en 1991, entraînant l'intervention des troupes fédérales (multiethniques et dirigées par le Slovène Konrad Klosek) chargées de garantir l'intégrité du territoire yougoslave.
La Slovénie, ethniquement homogène sur son territoire et n'ayant pas d'ambition territoriale particulière, ne connaîtra que 11 jours de guerre, presque sans effusion de sang, l'Armée fédérale (JNA) se retirant pour combattre en Croatie où la guerre s'annonce plus longue et violente.

En effet, les indépendantistes croates comptent prendre possession de la totalité de la république, où les Croates ne constituent pourtant que la moitié de la population, et Tudjman ne cache pas son ambition de créer une grande Croatie englobant également une partie de la Bosnie-Herzégovine voisine. S'en suivra une longue guerre semée d'atrocités et de destructions de part et d'autre, guerre qui se terminera en 1995 et qui verra l'expulsion, sous le regard approbateur de la communauté internationale, de plus de 200 000 Serbes, descendants pour la plupart des guerriers chargés de la défense de l'Empire autrichien (ils protégeaient donc aussi leurs frères croates catholiques...).

- La Yougoslavie continue de sombrer dans la dislocation lorsque la Bosnie-Herzégovine se déchire dans une guerre civile totale qui oppose les uns aux autres, de 1992 à 1995, Serbes, Croates et Musulmans. A noter tout de même qu'un accord avait été trouvé dès le début de la guerre entre Serbes et Croates, mais qu'il n'a pu être appliqué, Alija Izetbegovic, chef des musulmans de Bosnie, ayant refusé de le signer : ce projet d'un diplomate portugais proposait une répartition équitable du territoire bosniaque sous forme de 3 cantons (un pour chaque "peuple"), ce qui contrecarrait les plans d'Izetbegovic qui voulait faire de la Bosnie un Etat centralisé autour des musulmans, qui ne représentaient pourtant que 40% de la population (35% de Serbes et 15% de Croates).

- En 1995, avec la fin des guerres en Croatie et en Bosnie (accords de Dayton qui font de la Bosnie un Etat fédéral composé de la Republika Srpska et d'une entité croato-musulmane précaire) et la reconnaissance des indépendances slovène, macédonienne, croate et bosniaque, c'est la fin tragique et irrémédiable de la Yougoslavie, pays né d'une belle idée serbo-croate désormais dépassée. La Serbie et le Monténégro essayeront tant bien que mal de conserver un Etat commun, gardant le nom de Yougoslavie jusqu'en 2003.

- Pendant ce temps, les Albanais continuent leurs actions anti-serbes et regardent avec intérêt l'éclatement de la Yougoslavie, espérant manger une part du gâteau serbe et obtenir l'indépendance du Kosovo.

La guerre de l'OTAN contre la Yougoslavie et ses conséquences actuelles :

- En 1996, l'uçk (armée de libération du Kosovo en albanais) intensifie ses enlèvements de civils et ses attaques contre les policiers serbes. Et, en 1998, elle lance une vaste offensive meurtrière sur le Kosovo, y imposant sa loi sur environ un tiers du territoire. C'en est trop pour le gouvernement yougoslave qui décide enfin d'envoyer l'armée combattre la guérilla albanaise et reprendre le contrôle du Kosovo.

- En quelques semaines, l'armée serbo-monténégrine a repris le contrôle du Kosovo, mais la sécurité reste précaire et certaines zones, proche des bastions de l'uçk, demeurent la cible des combattants albanais. Des combats sporadiques continuent de se produire, en particulier dans la vallée de la Drenica, théâtre d'affrontements entre forces serbes et miliciens albanais, qui y ont établi des camps d'entrainement.

- En janvier 1999, des combats entre l'uçk et l'armée yougoslave font 45 morts du côté de la milice albanaise à Racak. Le gouvernement autoproclamé des Albanais du Kosovo présenteront alors les combattants morts au combat comme des victimes civiles et crieront au massacre, marquant ainsi les esprits de l'opinion publique internationale. Cette nouvelle tactique de victimisation portera immédiatement ses fruits, dans un contexte où les médias occidentaux ont diabolisé les Serbes, présentés comme des barbares, depuis plus de huit ans.

- Les Etats-Unis s'intéressent alors de très près à la situation, et l'entourage démocrate de Bill Clinton renforce ses liens étroits avec les chefs de l'uçk, pourtant considérée jusqu'il y a peu comme une organisation terroriste par les Etats-Unis eux-mêmes ! Madelaine Allbright, qui avait déjà tant oeuvré pour sanctionner le peuple serbe, se fait donc la porte-parole du lobby albanais des Etats-Unis et entraîne Clinton dans un bras de fer avec Milosevic.

En février, les Etats-Unis proposent un accord entre Serbes et Albanais réunis à Rambouillet (France) avec les autres membres de ce que l'on appellera "le groupe de contact" (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie et Russie). L'accord de paix, très favorable aux Albanais, est inacceptable pour les Serbes car il prévoit non seulement le retrait des troupes yougoslaves et l'arrivée de forces étrangères sur le sol serbe, mais aussi l'organisation d'un référendum sur l'indépendance du Kosovo (dont l'issue serait connue d'avance vu que les Albanais sont devenus majoritaires ces 50 dernières années ! ). En proposant un tel accord, les Américains savaient très bien que Milosevic ne pouvait que refuser. D’ailleurs, non sans cynisme, des officiers américains ont même avoué à des journalistes : «On a mis la barre haut pour que Belgrade refuse, ils ont besoin d’être bombardés».

- L'opinion manipulée par les images de ce pseudo-massacre, l'OTAN en profite pour lancer une guerre "humanitaire", visant, selon l'un des principaux instigateurs de cette intervention armée, Bernard Kouchner, à empêcher une épuration ethnique dont seraient victimes les Albanais au Kosovo. Cette guerre, illégale et désapprouvée par le Conseil de sécurité de l'ONU, commence le 24 mars par des bombardements aériens contre la Yougoslavie, détruisant toute l'infrastructure de la Serbie et du Monténégro, n'hésitant pas à frapper des quartiers fortement peuplés de Belgrade, Novi Sad, et d'autres villes yougoslaves : usines, ponts, chemins de fer, routes, complexes pétrochimiques, et même industries agroalimentaires, parlement, siège du gouvernement et hôpitaux, sans compter l'ambassade chinoise, tout y passe !

- Devant cette démonstration de force et la puissance des moyens aériens de l'OTAN, Milosevic est contraint de signer la paix 11 semaines plus tard, le 9 juin 1999. Cet accord lourd de conséquences (mais dont les conditions finales ont été assouplies, sous la pression russe et chinoise, par rapport à ce qu'avaient prévu les Américains) prévoit : le retrait de l'armée yougoslave et de la police serbe, le déploiement d'une force internationale sous l'égide de l'ONU (et non de l'OTAN), le retour des réfugiés supervisé par le HCR, la démilitarisation de l'uçk, une autonomie substantielle pour le Kosovo mais aucun référendum sur l'indépendance.

- Dès le lendemain, les forces serbes se retirent du Kosovo, et avec elles s'exilent des milliers de familles serbes, désormais sans protection, qui craignent de subir des représailles de la part des Albanais. Plus de 200.000 Serbes doivent donc quitter le Kosovo, abandonnant la terre de leurs ancetres et laissant derrière eux toute une vie, sauvant ce qu'ils peuvent emporter, et se réfugient en Serbie centrale, sans argent ni travail, grossissant ainsi le nombre de réfugiés déjà présents depuis les guerres en Croatie et en Bosnie.

- Trois semaines plus tard, Bernard Kouchner, fervent défenseur de la "cause albanaise", est nommé administrateur du Kosovo, au sein de la mission des Nations unies (MINUK ou UNMIK) : des dizaines de bâtiments représentant les institutions serbes au Kosovo, des centaines d'églises orthodoxes et des centaines de villages serbes sont détruits ou brûlés en quelques jours par les Albanais fêtant "la victoire", et ce malgré la présence des troupes de l'OTAN sensées apporter la paix.

- Les actions visant les Serbes, mais aussi les Tziganes accusés de collaboration avec Belgrade, se multiplient, des dizaines de Serbes sont assassinés chaque semaine et un sentiment d'impunité totale s'installe durablement chez les Albanais, qui n'hésitent pas à tuer ou expulser des familles entières pour prendre possession des maisons serbes et de leurs biens.

- Le patrimoine historique n'est pas non plus épargné, au contraire les inombrables églises orthodoxes constituent des preuves irréfutables que le Kosovo est et a toujours été depuis des siècles et des siècles le coeur de la Serbie, par conséquent elles sont systématiquement détruites par les Albanais qui ont besoin d'effacer toute trace serbe pour faire croire au monde que le Kosovo est à eux et que les Serbes ne sont que des affabulateurs et des colons.

- En mars 2004, une nouvelle vague de violence organisée a lieu dans tout le Kosovo : les églises qui n'avaient pas encore été détruites, et qui étaient pourtant sous la protection des soldats de la KFor, sont brûlées, des villages serbes enclavés, pourtant eux aussi sensé être protégés, sont pris d'assaut, les habitations nouvellement reconstruites sont saccagées et les habitants courageux qui avaient tenté de revenir chez eux doivent de nouveau fuir.

- En résumé, depuis que le Kosovo est sous administration de l'ONU, la situation n'a jamais été aussi catastrophique et une véritable épuration ethnique a eu lieu (c'est pourtant contre ça que l'OTAN disait se battre) faisant du Kosovo un territoire presque totalement ethniquement albanais (90% désormais) où les Serbes vivent reclus dans des enclaves, sans liberté de mouvement, et où leur vie peut basculer à tout instant.

- Dans quelques jours se décidera à l'ONU le nouveau statut du Kosovo. Les Albanais ont d'ores et déjà fait savoir qu'ils n'accepteront rien d'autre qu'une indépendance pure et simple à leur profit et attendent avec impatience le départ des forces de l'ONU pour pouvoir détruire les derniers monuments serbes protégés et faire partir définitivement les derniers Serbes. N'oublions pas non plus que les Albanais ont promis qu'après le tour de la Yougoslavie viendra le tour de la Grèce...

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