|
RIA Novosti. La situation à Kosovska Mitrovica demeure très tendue, a confié à RIA Novosti Andreï Dronov, directeur de la chancellerie diplomatique russe à Pristina.
Située dans le nord du Kosovo, la ville de Kosovska Mitrovica est divisée en deux communautés: serbe et albanaise.
"Les Serbes manifestent depuis plus d'une semaine contre le rétablissement des maisons ayant appartenu autrefois aux familles albanaises. Les manifestants sont dispersés chaque jour par des policiers de l'Union européenne qui utilisent un matériel spécial à cet effet", a déclaré M. Dronov, ajoutant que la "situation dans la ville était explosive".
Selon le diplomate russe, il existe un risque d'affrontements entre les Serbes et les Albanais.
Les actes de protestation lancés dans la localité de Brdjani (nord de Kosovska Mitrovica) tiennent à l'intention de plusieurs familles albanaises de regagner cette partie de la ville. Les Serbes protestent contre le rétablissement de cinq maisons albanaises détruites pendant la guerre de 1998-1999. Les travaux de reconstruction se déroulent à proximité de la "ligne jaune" qui divise la ville depuis 2000.
Les Serbes ne s'opposent pas en principe au retour d'Albanais dans la partie nord de Kosovska Mitrovica, mais exigent que soient également créées des conditions permettant le retour des réfugiés serbes au Kosovo.
Interrogé sur l'échec des efforts déployés par les ambassadeurs britannique et italien au Kosovo en vue de régler la situation à Kosovska Mitrovica, M. Dronov en a rejeté la responsabilité aux autorités de la partie sud de la ville, y compris à son maire Bajram Rexhepi.
"Le retour des refugiés albanais n'est absolument pas concerté avec la communauté serbe", a constaté le diplomate russe, soulignant que son collègue britannique avait essayé de le faire comprendre à la partie albanaise, mais celle-ci avait fermé l'oreille à ses recommandations.
D'après M. Dronov, les contacts engagés entre les Serbes et les Albanais par l'intermédiaire de la Mission européenne de justice et de police (EULEX) ne portent pas de fruits.
"Je ne vois pas de progrès sérieux en ce qui concerne le retour des réfugiés. Dans cette question, EULEX prend le parti des Albanais", a-t-il constaté.
|