Kosovo land Actualité Témoignages Trois questions à Aymeric Caron, journaliste à Europe 1
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Trois questions à Aymeric Caron, journaliste à Europe 1 |
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mercredi, 07 octobre 2009 |
Aymeric Caron, journaliste à Europe 1
Invité du débat « Communicants et journalistes : comment mieux travailler ensemble », Aymeric Caron, qui a couvert plusieurs conflits parmi lesquels le Kosovo, l’Afghanistan et la Côte d’Ivoire ; explique pourquoi le journaliste doit toujours garder sa distance vis-à-vis du communicant.
Comment définiriez-vous la relation entre journalistes et communicants ?
On ne doit pas établir une relation de connivence avec un communicant. Par contre, il est bien d’avoir une relation de confiance.
On reproche souvent aux journalistes de se laisser manipuler par manque de connaissances, qu’en pensez-vous ?
Pour ne pas se laisser manipuler, il faut mettre son interlocuteur en face de ses contradictions. Pour cela, il suffit de bosser ses dossiers. Grâce à ça, on est capable de percevoir le côté partiel des réponses et les imperfections.
Pendant la guerre du Kosovo, qui a opposé l’Otan à la Serbie, les médias français ont fait l’apologie d’une guerre juste. Le message de l’Etat major était totalement manichéen : les Serbes sont des sauvages qui veulent anéantir les gentils Albanais. Mais les choses étaient beaucoup plus compliquées que cela. Certes, il y a eu des morts des deux côtés mais il n’y a jamais eu d’épuration ethnique en tant que telle. L’Otan a donné cette fausse raison afin d’entrer dans le conflit. Quelques médias comme Marianne et Canal + ont été un peu plus dubitatifs et prudents, mais la majorité des quotidiens nationaux n’ont pas remis en question la façon de faire de l’Otan. Ce conflit fut une véritable bataille de communication.
Selon vous, les journalistes sont-ils trop dépendants des communicants ?
La volonté des communicants d’influer est plus forte qu’avant. Ils comptent sur les journalistes pour faire un travail de publicitaire. Le problème du manque de temps peut empêcher d’aller au bout d’un sujet mais sûrement pas de tomber dans le panneau. Il est primordial, lorsque l’on n’est pas sûr de son interlocuteur, de garder de la distance et, surtout, d’utiliser le conditionnel.
Paulina Benavente et Fériel Alouti
Source : Owni
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