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Les impostures d'Ismaïl Kadaré (partie II) Convertir en PDF Version imprimable Mail
jeudi, 03 avril 2008

De Komnen Becirovic (3e partie)

(Article publié dans le n° 67 de B. I. de juin 2002)
La véritable origine de l'implantation albanaise au Kosovo.

Tous les efforts déployés par Ismail Kadaré et la propagande grand-albanaise dont il s'est fait le porte-parole, tendent à justifier l'occupation du Kosovo, province essentielle serbe tant sur le plan historique, culturel et spirituel que territorial.Et comme tout impie qui se ment à soi-même et ment aux autres, pour reprendre le mot de l'Evangile, il pousse l'hypocrisie jusqu'à s'interroger : mais si les Albanais n'étaient pas depuis toujours au Kosovo, alors y sont-ils tombés du ciel ?

Plongé dans son délire nationaliste, l'écrivain n'imagine même pas qu'ils aient pu y tomber, non pas du ciel, mais tout simplement de ces montagnes qui constituent la frontière naturelle entre la Serbie et l'Albanie. Or c'est exactement ce qui s'est passé au long des siècles de l'occupation turque. Il faudrait des volumes entiers pour contenir tous les témoignages historiques démontrant à quel prix terrible d'assujettissement, de conversions forcées à l'islam, de massacres et d'exodes de population chrétienne, s'est faite cette emprise des Albanais sur le Kosovo au détriment des Serbes.

Ayant atteint leur beau fixe au XVe siècle, les relations serbo-albanaises commencèrent à se dégrader avec le passage progressif des Albanais à l'islam qui suivit la conquête définitive de l'Albanie et d'autres pays balkaniques par les Turcs : la Serbie tomba en 1459, la Bosnie en 1463, l'Albanie en 1478, l'Herzégovine en 1482 le Monténégro en 1499. Loin d'avoir été, comme l'affirme arbitrairement Kadaré, le fruit d'une prétendue décision des Albanais de ne plus partager la foi chrétienne avec les Serbes ou de leur ambition d'occuper, en se faisant musulmans, de hauts postes dans l'empire ottoman, cette conversion s'explique en premier lieu par la terreur qu'imposèrent les Turcs aux peuples soumis des Balkans. Que l'on en juge d'après la description que donne Ursun bey de la campagne de Mehmed II en 1465 en Albanie. Le chroniqueur turc écrit : "Chaque tente regorgeait de butin …l'ordre était donné que tous les hommes d'âge mûr soient passés par le fil de l'épée. On les amenait en grand nombre, enchaînés, aux endroits où s'arrêtait le sultan victorieux. … On abreuvait les âmes assoiffées de ces hommes avec du vin dont on avait mouillé les épées. Il y avait des endroits où on livrait au glaive de la foi trois, quatre et même jusqu'à sept mille infidèles... Ceux qui survécurent et courbèrent la tête, purent demeurer dans le pays avec l'obligation de payer le tribut prescrit par la charia." 1

Il fallait avoir, pour y résister, une conscience nationale, religieuse, étatique fortement développée, comme ce fut le cas pour les Serbes, les Grecs et les Bulgares avec leurs rois, leurs empereurs, leurs saints et leurs hauts lieux. Or c'est ce qui a manqué aux Albanais, ainsi qu'à la majorité des Slaves bosniaques, si bien que les uns et les autres, faibles maillons du christianisme dans les Balkans, basculèrent dans l'apostasie d'autant plus que celle-ci comportait des privilèges. Cette acceptation de la religion du conquérant est bien exprimée par le proverbe albanais : "Là où est le glaive, là est la foi".

Cependant, aller jusqu'à soutenir, comme le fait Kadaré, que les Albanais se soient convertis à l'islam par goût de la gloire et par soif du pouvoir, plus que par défi aux Serbes - leur nouvelle foi leur permettant de devenir pachas ou vizirs - est tout aussi peu fondé, puisque, dans la plupart des cas, il ne s'agissait pas d'un libre choix, mais d'une contrainte. Les deux plus célèbres grands vizirs originaires des Balkans, Mehmed pacha Sokoli et Mehmed pacha Kuprili, l'un Serbe, l'autre Albanais, avaient été arrachés enfants à leurs familles chrétiennes, soumises au terrible tribut de sang, le devchirme, pour en faire des janissaires, soldats ou dignitaires fanatiques de l'islam.

L'ennui avec Kadaré, c'est qu'il demeure dans la logique de l'apostasie et que, au lieu de compatir avec les peuples victimes séculaires du régime barbare turc, comme le font les grands auteurs serbes et bulgares, Ivo Andritch, Ivan Vazov et Anton Dontchev, il en arrive à s'enorgueillir de ce régime pour la simple raison que les Albanais en ont été le pilier dans les Balkans. Non seulement ils n'habitaient pas le Kosovo au IIe siècle de notre ère, comme l'affirme Kadaré, mais l'on en trouve peu de traces douze siècles plus tard. En effet, dans un célèbre document de l'époque, La Chrysobulle de Detchani, datant de 1331, par laquelle le fondateur de cette fameuse église, le roi Etienne Ouroche III, dote celle-ci de 89 villages, on ne trouve, parmi des milliers de noms serbes figurant sur ce parchemin, long de cinq mètres, que quelques dizaines de noms albanais. Un siècle et demi plus tard, lors du premier recensement des populations, en 1482, par l'administration turque, les Albanais apparaissent autour des villes de Petch, de Prizren et de Djakovitsa, mais restent peu nombreux, comme l'affirme, dans le rapport adressé en 1650 au Vatican, l'archevêque de Skopje, Andrya Bogdani : "Albanesi di Servia sono in numero molto pochi".

Le grand bouleversement ethnique au Kosovo et en Métohie se produisit durant la dernière phase de la guerre austro-turque de 1683 à 1690, lorsque les Serbes se soulevèrent et libérèrent avec le soutien l'armée impériale, commandée par le général Eneas Sylvio Piccolomini, presque toute la Serbie. Mais après la mort subite du célèbre général, atteint de peste, le 8 novembre 1689 à Prizren, et la défaite que subirent les Autrichiens le 2 janvier 1690, dans le défilé de Katchanik reliant le Kosovo à la Macédoine, les Turcs réoccupèrent le pays et se livrèrent à un véritable génocide sur la population serbe. Un chroniqueur contemporain, Simpliciano Bizozeri, dans son ouvrage La Sainte Ligue contre la puissance ottomane, paru en 1700 à Milan, en fait état en ces termes : "Les malheurs se succédèrent, les troupes barbares qui affluaient, se montrant impitoyables envers les habitants innocents qu'ils massacraient tous, sans tenir compte ni de leur âge ni de leur sexe, en brûlant ensuite leurs misérables chaumières… C'était un spectacle horrible que de voir Mah-mud, pacha de Pec, en train de détruire, avec ses Albanais, des villages dont il savait qu'ils avaient accepté la protection de l'empereur, égorgeant les habitants qui lui tombaient sous la main, bien que la Serbie ait été leur patrie commune".

C'est alors que pour éviter l'anéantissement total de son peuple, le patriarche Arsène II Tcharnoévytch, émigra en Hongrie à la tête d'environ 100.000 personnes, alors que les régions ainsi désertées furent envahies par les Albanais. Ce premier grand exode serbe fut suivi par un second lors de la nouvelle guerre austro-turque de 1737 à 1739, lorsque 30 à 40.000 Serbes, conduits par le patriarche Arsène IV, s'enfuirent au-delà du Danube et de la Save. Parmi les nombreux témoignages attestant cette colonisation de la Serbie méridionale par les Albanais, retenons celui de l'archevêque Matthieu Massarek de Skopje qui, lors de sa visite à Prizren en 1750, constate l'ampleur de l'islamisation de cette "ville merveilleuse, tant par son site que par ses belles églises édifiées par les princes et les rois serbes, à présent transformées en mosquées par les Turcs." Et dans son rapport de 1764 : "La Serbie a complètement changé : avant dans toutes les villes serbes, il n'y avait que peu de Turcs, plutôt modérés, tandis que les orthodoxes et les catholiques peuplaient les campagnes. À présent, les villes sont pleines de mahométans albanais turquisés, des bandits et des tueurs qui se déchirent entre eux, exerçant la terreur sur les catholiques… Ils se considèrent Turcs et peuvent faire le mal qui leur plaît." 2

Voilà d'où proviennent tous ces Illyriens au Kosovo dont Kadaré, et toute une tourbe de propagandistes mais aussi d'ignorants, nous assurent qu'ils s'y trouvaient depuis le début de notre ère. Se répandant au Kosovo, en Macédoine et en Épire, les Albanais tentèrent de faire une percée analogue dans le Monténégro qu'Istanbul ne parvenait pas à soumettre et que le redoutable Kara Mahmud, pacha de Scutari, brouillé avec le sultan, voulait offrir à celui-ci dans l'espoir de retrouver sa faveur. Cependant, il se heurta à une telle résistance des Serbes monténégrins, sous la conduite du métropolite Pierre Ier, perdant deux grandes batailles en 1796, y périssant lui-même avec plusieurs milliers de ses soldats. C'était en effet une chose que de sévir contre les populations paysannes serbes, grecques et bulgares sans défense, c'en était une autre que d'affronter des guerriers en armes déterminés à défendre leur terre, leur liberté et leur dignité. Là encore on ne peut que constater toute la forfanterie de Kadaré lorsqu'il attribue aux Albanais le beau rôle de maîtres et seigneurs, et celui d'esclaves aux Serbes qui auraient commis toutes sortes de crimes mus par leur prétendu complexe d'infériorité envers les nobles Albanais.

Il en est de même lorsqu'il accuse les Serbes de se comporter en hordes de Gengis Khan prêts à édifier les pyramides de têtes, les sinistres tours mongoles. Or Kadaré, en homme de culture qu'il prétend être, devrait savoir que ces pratiques ont été tout à fait étrangères aux Serbes qui, tout au contraire, savaient trouver suffisamment de grandeur d'âme pour rendre hommage à leurs ennemis vivants ou morts. C'est notamment le cas dans un célèbre poème où Marco Kraliévitch, le héros national serbe, ayant terrassé, grâce à une intervention surnaturelle, son adversaire Moussa l'Albanais, déplore la mort de celui-ci parce qu'il le considérait meilleur que lui-même. 3 Du reste, si les Serbes étaient les barbares que décrit Kadaré, comment se fait-il qu'ils ont non seulement gardé intact, mais déclaré monument historique, après la libération du Kosovo en 1912, le tombeau du sultan Mourad qui s'y trouve, ce même Mourad dont l'armée, en 1389, les avait écrasés pour des siècles au milieu de la plaine fatale ? De même, les Serbes laissèrent en état la mosquée de Sinan pacha à Prizren, pourtant construite avec les matériaux de destruction de l'une des plus grandioses églises des Balkans, celle des Saints-Archanges édifiée par le tsar Douchan, et que Sinan pacha avait démolie pour construire sa mosquée en 1616.

En ce qui concerne les pyramides de têtes dont Kadaré attribue l'érection aux Serbes, ce sont, hélas, les Albanais qui se distinguèrent dans ce genre d'exploits. Le cas d'Ali, pacha de Janina, dressant une tour mongole de trois cent têtes coupées des insurgés souliotes grecs en 1799, raconté par François Pouqueville, consul de Napoléon auprès du même pacha, n'est que trop tristement célèbre. Un autre exemple notoire de cette barbarie sur le continent européen est la sinistre Tchélé koula, tour de crânes près de Nis, décrite par Lamartine. Elle fut érigée par Malik, pacha de Pristina, avec les têtes coupées de Serbes qui avaient péri en 1809, lors de la bataille de Tchègre, durant la Première insurrection serbe (1804-1812) qui sonna l'heure de la libération des peuples balkaniques de l'oppression séculaire turco-albanaise.

Il est clair que, devant autant de preuves, Kadaré est mal placé pour donner des leçons d'humanité à qui que se soit. Il reste que la condition des Serbes du Kosovo se détériora considérablement au cours du XIXe siècle, comme en témoigne une multitude d'auteurs dont le géologue et ethnologue Ami Boué, le slavisant Alexandre Hilferding, les philanthropes Georgina Mackenzie et Adelina Irby, le diplomate Yvan Yastrebov, l'orientaliste Victor Bérard et le journaliste George Gaulis que je cite amplement, ainsi que Pouqueville, dans mon livre Le Kosovo dans l'âme. Le constat de tous ces auteurs pourrait se résumer par ce mot du grand géographe et ethnographe    Jovan Cvijic, analysant la société anarchique albanaise : "On peut dire que dans aucune région du globe,      l'insécurité pour les personnes et les biens ne fut telle au cours des siècles, qu'en Kosovo et Métohie." 4

Avec le déclin de la Turquie dans les Balkans au XIXe siècle, une fièvre nationaliste mêlée de panique gagna les Albanais devant la perspective de perdre les territoires de Serbie, de Macédoine et de Grèce dont ils s'étaient emparés à la faveur de l'occupation turque. C'est alors qu'ils imaginèrent leur origine illyrienne panbalkanique et se souvinrent de Skanderbeg, en créant le concept d'une Grande Albanie avec la Ligue de Prizren, fondée en 1877. Mais l'éviction totale de la Turquie de la péninsule, à la suite de la Première guerre balkanique, menée en 1912 conjointement par la Serbie, le Monténégro, la Grèce et la Bulgarie, coupa court à ce rêve et l'Albanie fut reconnue, en 1913, pour la première fois en tant qu'Etat à peu près dans ses limites médiévales, alors que le Kosovo fut intégré à la patrie-mère, la Serbie.

Il fallut l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste qui occupèrent et détruisirent la Yougoslavie en 1941, pour créer sous leur égide une Grande Albanie fantoche dont le premier ministre Mustafa Kruja déclarait : "Seuls Hitler et Mussolini, après la victoire des puissances de l'Axe et l'instauration du nouvelle ordre européen, pourront assurer aux Albanais leur Etat national dans le cadre des frontières les plus larges, un Etat qui sera dans une association indivisible avec l'Italie fasciste. Diverses milices, telles que celle de Redzement Kosova et Bali Kombtar, sévissaient dans la province en exerçant la terreur. Le diplomate italien Carlo Umilta, traversant le Kosovo, voyait les cadavres de Serbes décapités jonchant les routes. En 1943, à l'initiative de Himmler, fut créée, en même temps que la division Handjar en Bosnie, la division Waffen SS Skanderbeg au Kosovo pour combattre les résistants Serbes. Elle se livra aux crimes les plus effrayants dont celui du village de Velika, près du mont Tchakor où, le 28 août 1944, tous les habitants au nombre de 428 furent massacrés. En tout, plus de 10.000 Serbes de la province subirent le même sort, alors qu'environ 70.000 prirent le chemin de l'exode.

Voici, cependant, l'interprétation de cette abomination que donne Kadaré : "Les Allemands, pendant la Seconde guerre mondiale, voulurent se concilier les Albanais : ils les admirent dans la famille des nations supérieures et, souhaitant leur faire jouer dans le IIIe Reich le même rôle qu'ils avaient tenu dans l'empire ottoman, ils réunirent le Kosovo à l'Albanie, et le seul fait que cette réunion était due à Hitler fut considéré par les Slaves vainqueurs comme un argument dirimant contre les Albanais." 5. Et l'écrivain de fondre - lui, le glorificateur du résistant albanais au fascisme, Enver Hodja ! - de gratitude envers les nazis d'avoir ajouté cinq années au dix-huit siècles prétendument albanais au Kosovo ! Outre leur caractère raciste - Kadaré faisant sienne la théorie de Hitler - ces propos relèvent de la pure mythomanie, les Allemands n'ayant jamais songé à confier aux Albanais un rôle quelconque au sein du IIIe Reich. La preuve en est le fait que Hitler et les siens, ne laissèrent même pas aux Albanais le commandement de leurs propres unités, notamment la division Skanderbeg, mais en confièrent la charge à des officiers de la Wermacht.

Après la guerre, les communistes, obsédés par le désir de casser la soi-disant hégémonie grand-serbe, interdirent le retour des réfugiés serbes dans la province, en y laissant, par contre, s'installer durablement quelque 100.000 Albanais venus s'ajouter à ceux sur place pendant la guerre. En outre, en octroyant une autonomie trop poussée aux Albanais, Tito favorisa une nouvelle hémorragie de la population serbe, si bien qu'elle tomba de 25 % en 1945, à quelque 12 % à la mort de Tito en 1980. Le rétablissement de la souveraineté de la Serbie en 1989, sur un Kosovo allant à la dérive, provoqua le refus des Albanais, suivi par une vague de terreur suscitant une réaction de légitime défense de la part de l'Etat serbe.

C'est alors que les humanistes de tout bord, ne trouvant pas dans l'univers de meilleure cause à défendre que celle de la séquelle des régimes tyranniques du passé - turc, fasciste et communiste - que constitue la présence des Albanais au cœur de la nation serbe, s'empressèrent de crier à la répression, à l'apartheid et au génocide, déclenchant l'apocalypse sur la Serbie. Ils permirent ainsi aux Albanais de dévaster le Kosovo et d'y réduire le nombre de Serbes à 1 % seulement, ceux-ci étant gardés nuit et jour par les soldats de la KFOR, sans parler de la malédiction de l'uranium appauvri qui a frappé cette partie de l'Europe.

Telle est en résumé la vérité sur le Kosovo qu'Ismail Kadaré, se livrant aux extrapolations, s'efforce d'occulter et de pervertir. Pourtant, seule la vérité, si amère soit elle, pourrait assainir les relations entre les deux peuples, cruellement compromises par l'apostasie originelle des Albanais, que ces derniers ont cru pouvoir effacer en sévissant contre les Serbes au cours de diverses occupations (y compris celle de l'OTAN)), alors qu'ils n'ont fait que l'aggraver.





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