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Indépendance du Kosovo : Le facteur pétrole Convertir en PDF Version imprimable Mail
dimanche, 02 mars 2008

Le 2 mars 2008 par Abdus Sattar Ghazali, Mondialisation.ca,  Am perspective
Le Kosovo n'a pas de pétrole mais sa situation géographique est stratégique pour le futur pipeline Trans – Balkans AMBA.

Le 17 février, le Kosovo s'est séparé de la Serbie et a déclaré son indépendance. Sans surprise il a été instantanément reconnu comme état par les US, l'Allemagne, la Grande Bretagne, la France. Avec une superficie de 4203 km2 le Kosovo est peut être un petit territoire mais dans le grand jeu des politiques pétrolières il tient une place très importante, inversement proportionnelle à sa taille.

Le Kosovo n'a pas de pétrole mais sa situation géographique est stratégique car le pipeline Trans – Balkans – connu comme le pipeline AMBO, du nom de son constructeur et opérateur une compagnie pétrolière Albanienne, Macédonienne et Bulgare enregistrée aux US - le traversera.

Le pipeline pompera le pétrole de la Mer Caspienne, du port bulgare de Burgas via la Macédoine jusqu'au port albanais de Vlora, à destination des pays européens et des Etats-Unis. Plus précisément, le pipeline AMBO de 1.1 milliard de dollars permettra aux compagnies pétrolières opérant dans la Mer Caspienne de transporter leur pétrole à Rotterdam et la Côte Est des USA à un coût bien moindre que celui d'aujourd'hui.

Quand il sera opérationnel en 2011, le pipeline fera alors partie d'un corridor d'infrastructures essentielles Est Ouest incluant autoroute, chemin de fer, gaz, lignes de télécommunication en fibre optique. Ce pipeline transportera le pétrole directement sur le marché européen en éliminant le trafic des pétroliers circulant dans les eaux écologiquement sensibles de la Mer Egée et de la Méditerranée.

En 2000, l'Agence Gouvernementale de Commerce et Développement des US a financé une étude de faisabilité du pipeline qui a actualisé et étendu l'étude de faisabilité du projet d'origine datant du début 1996. Les services Energie de Brown & Root, une filiale britannique appartenant entièrement à Halliburton, ont complété l'étude de faisabilité d'origine de ce projet.

Le rapport de l'Agence US pour le Commerce et le Développement a été publié en mai 2000, et estime que le pipeline constitue un intérêt stratégique US. Selon le document, le pipeline fournira du pétrole et du gaz sur le marché US pour un montant estimé à 600 millions de dollar par mois, ajoutant que le pipeline est nécessaire car le pétrole venant de la mer Caspienne surpassera rapidement la capacité sécurisée du Bosphore.

Le projet est nécessaire selon le rapport car le pétrole venant de la Mer Caspienne «surpassera la capacité sécurisée du Bosphore comme voie de transport». Le plan, note l'agence, « fournira une source constante de pétrole brut pour les raffineries américaines », «fournira aux sociétés américaines un rôle clé dans le développement du corridor vital Est Ouest» «avancera les aspirations de privatisation du gouvernement US dans la région» et «facilitera une intégration rapide» des Balkans «au sein de l'Europe Occidentale».

Le pipeline lui-même, selon l'Agence, a été en fait soutenu «depuis 1994». La première étude de faisabilité, soutenue par les US, a été menée en 1996.

En novembre 1998, Bill Richardson, le secrétaire à l'énergie US de l'époque, a défini sa politique d'extraction et de transport du pétrole de la Caspienne. «Il s'agit de la sécurité énergétique des US» a-t-il expliqué. «C'est aussi d'empêcher la création de voies intérieures stratégiques par ceux qui ne partagent pas nos valeurs. Nous essayons de tirer ces nouveaux pays indépendants vers l'Occident»

«Nous aimerions les voir dépendre des intérêts du commerce et des politiques occidentales plutôt qu'elles prennent une autre direction. Nous avons fait un investissement politique conséquent dans la Caspienne, et c'est très important pour nous qu'à la fois la carte du pipeline et la politique en sortent comme il faut.»

Le professeur Michel Chossudovsky,* auteur de «America at War in Macedonia« fournit un point de vue analytique approfondi sur le projet de pipeline pétrolier Albanien-Macedonien-Bulgare :

«Le consortium pour le pipeline basé aux US AMBO, est directement lié au pouvoir politique et militaire aux Etats-Unis et à la société d'énergie Halliburton du vice président Dick Cheney. L'étude de faisabilité pour pipeline pétrolier Trans –Balkan AMBO, réalisée par la société d'ingénierie internationale Brown & Root Ltd, (une filiale britannique d'Halliburton) a déterminé que le pipeline fera partie du corridor d'infrastructures régional essentiel qui comprend, autoroute, chemin de fer, gaz, et lignes de télécommunication en fibre optique. »

«Coincidence, la société White & Case LLT, le cabinet juridique de New York que le président William J. Clinton a rejoint quand il a quitté la Maison Blanche, détient également une part de l'affaire du pipeline AMBO.

«Et après que l'étude de faisabilité ait été achevée par Halliburton, un haut responsable d'Halliburton a été nommé comme président du conseil d'administration d'AMBO. Halliburton a aussi bénéficié d'un contrat de fourniture de services pour les troupes US dans les Balkans et construit « Bondsteel » au Kosovo, qui constitue actuellement «la plus grande base militaire américaine construite à l'étranger depuis la guerre du Vietnam ».

«Le projet de pipeline Trans – Balkans d'AMBO, servirait de lien aux corridors de pipelines entre la Mer Noire et le Bassin de la Mer Caspienne, se trouvant au coeur des réserves de pétrole les plus grandes encore inexploitées. La militarisation de ces différents corridors fait partie intégrale du projet de Washington.

«La politique US de « protection des routes du pipeline » venant du Bassin de la Mer Caspienne (et traversant les Balkans) a été définie par le secrétaire à l'énergie de Clinton, Bill Richardson quelques mois à peine avant le bombardement de la Yougoslavie en 1999 : il s'agit de la sécurité énergétique de l'Amérique. C'est aussi pour empêcher la création de des voies intérieures stratégiques par ceux qui ne partagent pas nos valeurs. Nous essayons de tirer ces nouveaux pays indépendants vers l'Occident ».

«Nous aimerions les voir dépendre des intérêts du commerce et des politiques occidentales plutôt qu'elles prennent une autre direction. Nous avons fait un investissement politique conséquent dans la Caspienne, et c'est très important pour nous qu'à la fois la carte du pipeline et la politique en sortent comme il faut.»

«Favorisant les négociations sur le pipeline AMBO, le gouvernement US a directement apporté son soutien via l'Agence pour le Commerce et le Développement (TDA) et l'Initiative pour le Développement du Sud des Balkans (SBDI). Le TDI suggérait le besoin pour l'Albanie, la Macédoine, et la Bulgarie « d'utiliser des synergies régionales sur lequel puisse s'appuyer le financement public et privé (des entreprises US) tout en affirmant la responsabilité du gouvernement US « pour mettre en application l'initiative.»

Et le gouvernement US a rempli son rôle en faisant la promotion du projet AMBO, accordant plusieurs contrats à Halliburton pour la fourniture de services pour les troupes US dans les Balkans, dont un contrat de 5 ans accordé en juin 2005 par l'armée US d'un montant de 1.25 milliard de dollars, malgré des accusations criminelles portées contre Halliburton sur lesquelles enquêtent actuellement le FBI selon Craig A. Brannagan l'auteur de «On the Political Executive: Public or Private ?»

Cela laisse peu de doute que la guerre contre l'ancienne Yougoslavie a été menée essentiellement pour s'assurer l'accès au pétrole de nouveaux états dociles en Asie Centrale. C'est clair que l'ancienne Yougoslavie, spécialement la Serbie, constituait un réel problème, spécialement pour la réalisation de ce projet. L'intervention au Kosovo et Metohija a été menée pour plaire à l'Albanie, dont le port de Vlore est la destination finale du pipeline.

En 1998, Des combats ont éclaté entre les forces serbes et des Albanais du Kosovo. Le Président Milosevic a envoyé des troupes, et des atrocités ont été commises. Ceci a ouvert la porte à une opération des forces alliées de l'OTAN, occupant le Kosovo en 1999, et puis le remettant aux mains de l'ONU, avec une immense présence américaine dans la région. La résolution 1244 de l'ONU stipule que le Kosovo est un territoire serbe, et en même temps attribue aux Kosovars un gouvernement autonome.

En juin 1999, immédiatement après le bombardement de la Yougoslavie, les forces US se sont emparées de 500 hectares de terre agricole au Sud Kosovo à Uresevic, près de la frontière avec la Macédoine, et ont commencé la construction du Camp Bondsteel qui est le projet de construction le plus grand de base militaire US depuis la guerre du Vietnam. Maintenant, pourquoi les US construiraient –ils un si vaste camp au Kosovo ?

Pour analyser l'indépendance du Kosovo, il est aussi important de savoir que le Kosovo n'obtient pas l'indépendance ou même un minimum d'autonomie.

Il sera dirigé par un haut représentant et des institutions nommés par les US, l'Union Européenne, et l'OTAN. Un Vice Roi, style ancienne colonie, et des administrateurs de l'Empire auront le contrôle sur la politique intérieure et étrangère. C'est la même chose que le pouvoir détenu par L. Paul Bremer les deux premières années de l'occupation de l'Irak par les US. Les US ont tout simplement consolidé leur contrôle direct d'une colonie totalement dépendante en plein coeur des Balkans.

Un Représentant Civil International sera nommé (IRC) par les US et des responsables de l'UE pour contrôler le Kosovo. Ce responsable nommé peut rejeter les mesures prises, annuler toute loi et congédier quiconque de son poste au Kosovo. Le ICR aura le contrôle total et final sur tous les ministères, douanes, impôts, judiciaire, tous les tribunaux et prisons.

Ces institutions et le ICR auront le dernier mot sur quel crime peut être poursuivi et contre qui ; ils pourront inverser ou annuler une décision prise. La plus grande prison au Kosovo se trouve sur la base US, le Camp Bondsteel, où les prisonniers sont détenus sans accusation portée contre eux, sans contrôle judiciaire ou représentation légale.

Les US ont affirmé que le cas du Kosovo est unique et que les séparatistes d'autres états d'Europe et des Balkans ne pourront pas bénéficier d'aide et de soutien des grandes puissances. « C'est incorrect de voir cela comme un précédent et cela ne sert à rien de le voir comme un précédent » a dit Alejandro Wolff, le vice représentant permanent US à l'ONU. Il a peut être raison car les autres séparatistes ne sont peut être pas attirés par les géants du pétrole.

Cependant, l'indépendance du Kosovo suscite des espoirs chez les militants pour l'indépendance du Kashmir, contrôlé par les Indous, et qui espèrent obtenir le même statut pour le territoire disputé. «La communauté internationale, l'Union Européenne en particulier, devraient jouer un rôle identique à celui joué au Kosovo pour résoudre la dispute au Kashmir» a dit Yasin Malik qui dirige le groupe pro indépendant Jammu Kashmir Liberation Front.

Bien que plusieurs pays aient reconnu le Kosovo comme un nouvel état, l'Inde a dit vouloir en étudier les ramifications. L'Inde s'inquiète de sa reconnaissance du Kosovo comme état indépendant à cause des implications potentielles pour le Kashmir, secoué par presque deux décennies de lutte de libération contre l'occupation de New Dehli qui a fait plus de 43 000 morts.

Article original: www.amperspective.com/html/the_oil_factor_in_kosovo.html, 24 février 2008. 

Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org , 27 février 2008.

La bourse au Pétrole iranienne, une menace pour le dollar ?

Main mise US sur le pétrole irakien

*Lire les articles du Professeur Michel Chossudovsky sur Global Research





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