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Enjeux : pétrole - pipeline Trans – Balkans AMBO Convertir en PDF Version imprimable Mail
mardi, 11 mars 2008

Le Kosovo n'a pas de pétrole mais sa situation géographique est stratégique pour le futur pipeline Trans – Balkans AMBO. Le 17 février, le Kosovo s'est séparé de la Serbie et a déclaré son indépendance. Sans surprise il a été instantanément reconnu comme état par les US, l'Allemagne, la Grande Bretagne, la France. Avec une superficie de 4203 km2 le Kosovo est peut être un petit territoire mais dans le grand jeu des politiques pétrolières il tient une place très importante, inversement proportionnelle à sa taille.

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Repères
source : http://www.linternaute.com/savoir/petrole/interview.shtml

Quels sont les grands pays producteurs ?

Si beaucoup de pays ont pu développer une production pétrolière grâce aux investissements étrangers et à la hausse des prix, aujourd'hui ils semblent atteindre leurs limites. La production reste par contre encore élevée dans les pays du Moyen-Orient.

Moins de pays producteurs.

Dans les années 70, de nouveaux pays sont devenus producteurs de pétrole : la Norvège, le Royaume Uni, le Mexique, le Nigéria, la Chine, etc. Deux explications : d'abord, les crises pétrolières des années 70 ont entraîné une hausse des prix, rendant ainsi possible l'exploitation de gisements qui n'étaient jusque là pas rentables (du fait de coûts technologiques élevés, comme par exemple la production offshore en Mer du Nord ou dans l'Atlantique). De plus, certains pays (par exemple la Chine) ont connu une forte croissance économique, augmentant ainsi les besoins pétroliers mondiaux et poussant les compagnies à rechercher de nouvelles sources d'approvisionnement. Aujourd'hui, la production de pétrole dans ces nouveaux pays producteurs semble atteindre un plafond de capacité de production. Ce ralentissement de la production est compensé par une augmentation importante de la part des pays du Golfe. Ces derniers possèdent effectivement la plus grande majorité des réserves de pétrole actuellement recensées sur la planète et leurs coûts de production sont les plus bas du monde (environ 1 dollar américain par baril en Arabie Saoudite, contre près de 15 dollars américains en Mer du Nord). Aujourd'hui, les 11 pays de l'OPEP représentent 40% de la production mondiale de pétrole brut.

Le pic de production en 2020.

D'après la compagnie pétrolière Total, le pic (ou maximum) de la production mondiale de pétrole interviendra dans la décennie 2020. Mais selon l'ASPO (Association for the study of peak oil), il serait imminent, environ pour 2008. Ce qui est sûr, c'est que une fois le déclin de la production entamé, la consommation continuera elle à augmenter, ce qui conduira à des tensions permanentes sur le marché du pétrole.

Où sont les réserves et combien reste-t-il de pétrole ?

Difficile d'évaluer des réserves que l'on n'a pas encore découvertes ! Cependant les géologues ont exploré la quasi totalité de la planète et jugent les réserves potentielles en fonction de la nature des sous-sols. Mais les évaluations des réserves sont aussi de nature politique...

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Le Moyen-Orient reste le meilleur espoir.
Le fait marquant est une disproportion énorme entre les réserves du Moyen Orient et celles du reste du monde. On observe ainsi que les pays de l'OPEP (majoritairement dans cette région du monde) recouvrent 78% des réserves mondiales de pétrole brut prouvées.

Des nouveaux gisements exploitables

Cependant, il est difficile de savoir s'il reste beaucoup de pétrole à découvrir ou pas. En effet, certaines zones ont été encore peu explorées. De plus, les gisements actuellement exploités contiennent potentiellement beaucoup de pétrole qu'on ne sait pas encore extraire. Les taux actuels d'extraction ne sont que d'environ 30% ! Les progrès technologiques constituent un facteur déterminant. En effet, il faut distinguer le pétrole conventionnel (celui exploité actuellement) et le pétrole non-conventionnel (un pétrole qui pourrait être exploité dans le futur si on disposait des technologies adaptées). Ainsi, dans le passé, les gisements dans les grands fonds marins était considérés comme inexploitables alors qu'aujourd'hui les plate-formes off-shore sont largement rentables.

Une surévaluation des réserves.
Enfin, il faut souligner que les réserves réelles de pétrole sont difficiles à estimer car les compagnies pétrolières et les pays producteurs ont souvent tendance à surévaluer les réserves pour des raisons politiques ou économiques. Ainsi, pour les pays de l'OPEP, le quota de production est directement indexé sur les réserves prouvées. Pour produire davantage, ils ont donc tendance à surévaluer leurs réserves. Ils ont de ce fait également accès à des prêts bancaires plus facilement.

Qui consomme le plus de pétrole ?

Si beaucoup de pays ont pu développer une production pétrolière grâce aux investissements étrangers et à la hausse des prix, aujourd'hui ils semblent atteindre leurs limites. La production reste par contre encore élevée dans les pays du Moyen-Orient.

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Une consommation mondiale en constante augmentation.

Depuis la révolution industrielle, la consommation d'énergie n'a cessé d'augmenter. Cette évolution est différente suivant les régions : la croissance de la demande énergétique est très importante aux Etats-Unis et en Chine alors qu'elle est relativement faible pour les pays d'Europe de l'Ouest et en régression pour la Russie. La modération de la demande de pétrole en Europe est due aux crises de 1973 et 1979, suite auxquelles les gouvernements ont engagé des politiques de réduction de la dépendance au pétrole.
Les Etats-Unis sont particulièrement vulnérables à la pénurie de pétrole. Avec 4,6 % de la population mondiale, ce pays représente pourtant plus de 25 % de la consommation d’énergie mondiale. Bien qu'ils soient eux-mêmes gros producteur de pétrole et de gaz, les Etats-Unis doivent ainsi importer chaque jour plus de 16 % de leurs approvisionnements en pétrole. Cette dépendance risque de s’accroître dans les prochaines années, car ils prévoient une augmentation de 33 % de la consommation de pétrole.

Les transports et l'énergie principaux utilisateurs.

La consommation de pétrole pourrait presque doubler d'ici 2050 avec l'augmentation de la population mondiale et la croissance économique. Aujourd'hui, chaque habitant de la Terre consomme en moyenne 1,7 tonne d'équivalent pétrole (tep) par an. Sur ces 1,7 tonnes, les hydrocarbures (gaz naturel et pétrole) et le charbon fournissent 86 % de l'énergie utilisée, le nucléaire 6,5 %, l'hydraulique et les énergie renouvelables près de 8 %. En France, la part du pétrole est de seulement 38,2 %. Il faut bien voir que si la part majeure de la consommation mondiale est imputée aux transports (45%) et à la production d'énergie (chauffage, électricité : 42%), le pétrole sert aussi à fabriquer des bases pétrochimiques (solvants, résines synthétiques, détergents, engrais... ) et des plastiques (8% de la consommation).

Quelles sont les solutions pour remplacer le pétrole ?

Même si la pénurie de pétrole n'est pas pour demain, il faut tout de même s'y préparer. Quelles sont les solutions crédibles pour remplacer cette source d'énergie bon marché et omniprésente ? Nos modes de vie vont ils s'en trouver bouleversés ?

Des nouveaux gisements exploitables La réduction de la part du pétrole dans la production mondiale d'énergie semble donc une perspective inéluctable. Cette réduction se fait aujourd'hui principalement au profit du gaz naturel. En effet, celui-ci est un co-produit de l'exploitation du pétrole, qui était autrefois gaspillé. Il est donc particulièrement rentable. La diversification des sources énergétiques s'oriente aussi vers l'hydraulique, le nucléaire, le solaire, l'éolien ou l'électricité thermique (combustion de charbon par exemple). Les compagnies pétrolières commencent d'ailleurs à prendre en compte cette évolution. Total affiche par exemple sa volonté de se diversifier dans le gaz et les énergies renouvelables. L'éolien et le solaire pourraient ainsi devenir rentables si le prix du pétrole continuait à augmenter durablement. Pour autant, le nucléaire semble la seule source d'énergie fiable et continue à pouvoir assurer un relais conséquent au pétrole, et ce sans contribuer à l'effet de serre. Il faut savoir que 7 g d'uranium équivaut à la combustion d'une tonne de charbon. La France étant bien placée sur ce créneau, deviendra-t-elle le nouvel eldorado de production d'énergie mondiale ?

La meilleure solution : réduire la consommation d'énergie


Mais surtout, il nous faudra réduire la consommation énergétique de manière globale. Grâce à des améliorations techniques (meilleure isolation des bâtiments, amélioration du rendement des moteurs à combustion…) ou fiscales (taxation plus importante des produits pétroliers, hausse du coût de l'électricité…), on pourra réduire sensiblement la facture. Mais il faudra aussi repenser tout le système de mondialisation qui accroît les volumes d'échanges et donc les transports. Peut-être les délocalisations perdront alors tout leur intérêt, et que manger des bananes deviendra un luxe !

" nous avons 47 ans de réserve !"

Jean-Marie Chevalier est professeur à l'université Paris-Dauphine où il dirige le Centre de géopolitique de l'énergie et des matières premières (CGEMP). Il a publié de nombreux ouvrages et articles sur l'industrie et l'énergie.
    
La hausse des prix du pétrole n'est-elle pas un signe avant-coureur de la pénurie ?

Non, absolument pas. Elle est entièrement liée à des facteurs conjoncturels. D'abord en Irak bien sûr : avant la guerre, ce pays exportait 2,2 millions de barils par jour ; aujourd'hui, on est plutôt vers les 1,5 ou 2 millions de barils par jour. Mais de nombreux pays producteurs connaissent des troubles en ce moment : en Afrique, au Vénézuela, et même en Norvège où il y a eu des grèves récemment qui ont ralenti la production.

Les prix vont donc continuer à grimper ?

On ne sait pas. Le prix du baril peut très bien redescendre en-dessous des 30 dollars comme il peut passer au-dessus des 60 dollars ! Le problème à long terme c'est que dans les situations de trouble, comme aujourd'hui, les investissements d'infrastructures ne se font pas. En Irak par exemple, on a découvert de nouvelles réserves mais on ne peut pas les exploiter tant que le pays ne sera pas stabilisé.
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A quand estimez-vous l'épuisement des réserves de pétrole ?

On ne peut pas donner de date précise. Le concept de réserve est élastique : en 1973, lors du premier choc pétrolier, on les estimait à 30 ans ! Aujourd'hui, on les estime à 47 ans de consommation. Mais entre-temps, on va découvrir de nouvelles zones à explorer, et les améliorations techniques permettront sans doute de reculer encore ces prévisions. Le prix aussi joue un rôle de régulateur : plus il est élevé, et plus on va mettre en œuvre des nouveaux moyens de récupération.

Où a-t-on le plus de chances de trouver de nouvelles réserves ?


Aujourd'hui, 60% des réserves se situent au Moyen-Orient. Cette partie du monde restera la principale zone de production, mais d'autres régions sont prometteuses : la Russie, l'Afrique de l'Ouest, le Brésil, le Golfe du Mexique. L'Asie centrale (Kazakhstan, Turkménistan) est également une région intéressante, mais il y a des problèmes d'acheminement vers la mer.

Comment diminuer notre dépendance au pétrole ?

D'abord, il faut diminuer la consommation. On pourrait économiser 20% d'énergie sans modifier notre mode de vie, et ce aussi bien dans l'industrie, les transports ou la consommation des ménages. Pour les voitures, en particulier, il faut taxer lourdement les véhicules les plus puissants qui polluent et consomment le plus. Ensuite, il faut diversifier les énergies au maximum : l'éolien, le solaire, l'hydraulique, et le nucléaire dont on ne pourra pas se passer. D'ailleurs des pays comme la Chine ne basent pas leur développement économique sur le pétrole. Ils construisent par exemple en ce moment le plus grand barrage du monde. Finalement, je pense que la diminution de la consommation de pétrole sera plus dictée par des obligations de lutte contre la pollution que par une véritable pénurie.





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Commentaires
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Alexis - Je m'interroge   | 82.66.176.xxx | 2008-03-27 03:06:43
Si je vous comprends, l'OTAN est intervenu pour placer une grosse base au Kosovo. Le travail de cette base consiste à protéger un pipeline qui va apporter le pétrole de la Mer Caspienne en Europe sans rien donner aux Russes.
EN gros, il s'agit d'une éniéme bataille pour l'énergie entre l'occident et les russes.

Si c'est le cas, je suis heureux de savoir que ce pétrole reviendra à l'occident plutot qu'aux russes. Tant pis pour les serbes. Ils n'avaient qu'à mieux choisir leurs amis.
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