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Balkaniser les Balkans Convertir en PDF Version imprimable Mail
jeudi, 17 avril 2008
dimanche 2 mars 2008
Il paraissait impossible de réduire encore plus l’ ex-Yougoslavie déjà réduite à la portion congrue, mais non : avec la reconnaissance immédiate des USA et de la majorité de l’Union Européenne, la soi-disant indépendance du Kosovo est chose faite. Peu importe que cet acte viole le droit international, la Charte des Nations Unies et les résolutions de son Conseil de Sécurité. Le fait décisif est qu’ainsi l’ont voulu les « faucons-poulets » de Washington avec le soutien d’une portion bien armée de l’OTAN et une ONU qui regardait ailleurs. Les conséquences sont inimaginables et on se souvient de la prophétique phrase d’Otto von Bismacrk à la fin du XIXe siècle : « Si la Grande Guerre éclatera, ce sera par la faute d’une quelconque maudite chose dans les Balkans ». Il en fut ainsi.
L’Espagne et d’autres pays européens ont repoussé l’autoproclamation. Ainsi que la Russie, la Chine, l’Indonésie et d’autres pays avec des mouvements séparatistes que l’exemple pourrait encourager. Même la Turquie s’est plainte : si la sécession du Kosovo est bienvenue, pourquoi n’appuie t-on pas la zone turque de l’île de Chypre ? Mais la Russie craint en outre qu’elle ait une portée plus vaste : le faible Kosovo indépendant se soumettrait complètement à la politique des USA qui auraient l’intention d’établir là un autre segment du bouclier anti-missiles afin de renforcer ceux de Pologne et de République Tchèque. Le Kremlin est convaincu qu’il s’agit là d’un cercle dangereux pour la sécurité de la Russie. Ne le sera t-il pas également, à tout moment, pour la sécurité de l’Europe occidentale ? Le centre européen permet de surveiller aussi bien à droite qu’à gauche.
Les USA ont commencé le travail kosovar il y a des années déjà. Belgrade a combattu contre le bras armé des séparatistes serbo-albanais, l’Armée de Libération du Kosovo (UCK), une créature de la CIA, comme Oussama Ben Laden. Cela a été reconnu par l’agence d’espionnage elle-même, qui lui a fournit entraînement, armes et argent, en particulier en 1998 et 1999, peu avant que les USA et l’OTAN bombardent l’ex-Yougoslavie durant 11 semaines. Le Département d’État qualifia officiellement l’UCK de « mouvement insurgé », bien que ses hauts fonctionnaires disaient hors micro qu’il s’agissait de terroristes. Bien sûr Milosevic n’était pas un saint, mais la minorité serbe du Kosovo n’oubliera pas le 17 mars 2004 : l’UCK attaqua, tua une vingtaine de civils, brûla toutes les églises orthodoxes et laissa à la rue 60.000 serbo-kosovars. Tout cela dans l’indifférence des forces de paix de l’ONU stationnées dans la capitale Pristina et dans la province.
W.Bush a félicité chaleureusement le Premier ministre de la nouvelle République kosovar, Hashim Thaci, leader de l’UCK converti en Parti Démocratique du Kosovo (PDK), bien que ses références ne soient pas particulièrement recommandables. « Le PDK, dirigé par Hashim Thaci, a pris le contrôle de beaucoup de municipalités à la suite de la guerre. Le parti a des liens étroits avec le crime organisé dans la province » (The Observer, 29-10-00). « L’UCK est liée à tous les cartels de la drogue connus du Moyen et Extrême-Orient. Interpol, Europol et la plupart des organismes de sécurité et de lutte contre le narco-trafic en Europe possèdent des dossiers des syndicats de la drogue qui conduisent directement à l’UCK », a souligné Michael Levine, un ancien fonctionnaire de la DEA. On estime en outre que Hashim Thaci contrôle de 10 à 15% des diverses activité délictueuses du Kosovo : contrebande d’armes et de cigarettes, vol de voitures, prostitution et autres broutilles.
De nombreux journaux du monde ont reproduit ces derniers jours une photo célèbre prise en 1999 : on y voit le chef terroriste Hashim Thaci, l’observateur de l’ONU au Kosovo et aujourd’hui ministre des Relations Extérieures de France, Bernard Kouchner, Mike Jackson, alors commandant des troupes d’occupation de l’ OTAN au Kosovo, Agim Ceku, chef militaire albano-kosovar accusé de crimes de guerre par les militaires canadiens, et le général Wesley Clark, à l’époque commandant suprême de l’OTAN, unissant leurs mains pour jurer qu’ils obtiendraient l’indépendance du Kosovo. Les activités d’Hashim Thaci étaient déjà bien connues.
Le très français Observatoire Géopolitique des Drogues a informé que l’UCK a aidé à introduire en Europe occidentale de l’héroïne et de la cocaïne pour une valeur annuelle de 2000 millions de dollars. Les agents allemands qui combattent les narco-trafiquants ont affirmé que ceux du Kosovo « lavent annuellement 1500 millions de dollars par l’intermédiaire de 200 banques privées et bureaux de change » (The Washington Times, 4-5-99). Ce sont les alliés de W. Bush dans la prétendue mission d’étendre la démocratie et la liberté dans le monde. Au passage, ce dernier a annoncé qu’il mettra son veto à tout projet de loi qui interdirait aux forces de sécurité usaméricaines d’appliquer la torture. Pourquoi pas.

Juan GELMAN
Traduit par Gérard Jugant, révisé par Fausto Giudice, pour alterinfo.org





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