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"Kosovo no !" ,par Jean-Luc Mélenchon |
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jeudi, 06 mars 2008 |
Vendredi 7 mars 2008 Jean-Luc Mélenchon http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php ?article5886
Depuis ce matin, la démission de Fidel Castro me vaut des questions posées de tous côtés médiatiques. Suave question : quel est mon point de vue par rapport à la déclaration de Bush qui dit : « il faut maintenant commencer la transition démocratique » ? Le voila : « j’espère une transition socialiste réussie à Cuba ». Cela signifie que les leçons de démocratie de Bush m’écœurent. Aussi m’écœure le spectacle de la veulerie qui conduit à reconnaître le Kosovo avec des cris de joie alors que vient de se sceller le premier acte de la tragédie que contient le nouveau siècle.
Le dépeçage ethnique de l’ex Yougoslavie a connu tous les avatars imaginables. Dès que les américains y ont fermement mis les doigts comme avec les accords de Dayton sur la Bosnie, l’ethnicisme est devenu une bonne pioche et non plus une honte.
Elle fait les délices de l’imagerie de Disneyland fournie par la propagande de « la communauté internationale » citée sans autre précision par les robots du journal de vingt heures. Tout « rebelle » est admirable dans l’Etat mal vu, tout particularisme est une culture nationale et ainsi de suite. L’empire a besoin d’un monde en confettis pour dominer. Dans ce contexte chacun est prié de regarder ailleurs quand ressurgissent des clivages qui nous ramènent aux temps de coalitions de la première et de la deuxième guerre mondiale, aux antiques découpes entre catholiques et orthodoxes, au tracé des pipe line qui font saliver les lobbies maîtres en Amérique.
En ex yougoslavie, bien sûr, la stupidité, les brutalités et les crimes révoltants du régime ultra nationaliste issu de l’ancienne bureaucratie titiste ont la responsabilité essentielle de ce désastre. C’est eux qui ont légitimé tous les coups portés ensuite par la partie adverse. Le pompon c’est évidemment l’intervention militaire de l’OTAN (« la communauté internationale ») au Kosovo, sans mandat de l’ONU, pour « arrêter les massacres commis par les serbes ». Quelques années plus tard les Etats-Unis qui avaient juré le contraire autorisent l’indépendance. En fait ils l’ordonnent.
Sarkozy nous déshonore en étant le premier à faire de même dans la foulée. Pour la première fois depuis la deuxième guerre un « Etat » absolument non viable, sans aucune base historique, avec une administration corrompue jusqu’à la moelle, totalement aux mains des mafias, est crée à l’intérieur des frontières d’un autre à l’issue d’une intervention militaire.
Dans ce naufrage du droit international, que fait la glorieuse « union européenne » qui était garante de la tutelle de la province du Kosovo et qui paiera demain les fins de mois ? Elle regarde ailleurs ! Incapable de faire quoi que ce soit, de poser la moindre condition, d’exiger la moindre garantie. La majorité des pays se précipitent derrière les USA. Mais cinq grandes nations refusent de le faire. Celles là ont compris le danger. Elles se sentent visées. Tout le monde l’est. Pas seulement en Europe. On peut faire la liste sans fin dans le monde des minorités, enclaves, groupes et tribus, maltraités par l’Etat central ou le prétendant, qui peuvent voir dans la naissance du Kosovo un encouragement à la dissidence, un modèle à suivre, une jurisprudence opposable aux appels à la raison.
Et sur le territoire européen même ? L’Union devait mettre tous ses membres à l’abri des tensions et tentations de violences nationalistes qui ont provoqué dans le passé les drames que l’on sait. La preuve est faite que mise au pied du mur elle en est incapable. L’Union ne protège personne. L’Union ne coordonne rien. L’Union est seulement un bagne libéral et le terreau de tous les nationalismes. Face à sa faiblesse et sa servilité, face à l’asservissement des diplomaties derrière celle des Etats-Unis, l’ancien monde des alliances et des systèmes défensifs, les permanences de l’histoire sont de retour. La France n’y échappera pas. Son pitoyable président est un hors sujet permanent dans cet environnement bien trop grand pour lui. [...]
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